5 facteurs intervenant à la vaccinale immunitaire

L’efficacité d’un vaccin dépend de plusieurs facteurs : la présence ou l’absence d’anticorps maternels, la nature et la dose d’antigène administré, le mode d’administration du vaccin, et l’utilisation ou non d’un adjuvant.

D’autres facteurs liés à l’hôte interviennent tels que l’âge, la constitution génétique, l’état nutritionnel et toute immunocompétence du sujet ainsi que la présence d’une pathologie concomitante.

Les anticorps maternels

Les immunoglobulines présentes dans la circulation à la naissance sont essentiellement des IgG d’origine maternelle constituée surtout des anticorps antiviraux et antibactériens qui ont un rôle protecteur majeur dans les premiers mois de vie.

Ces anticorps disparaissent chez certains enfants dès l’âge de 5 mois tandis que chez d’autres, un taux faible peut persister jusqu’à l’âge de 9 mois, parfois au-delà.

Il existe une corrélation entre le titre d’anticorps transmis et sa persistance au cours des premiers mois de la vie.

L’âge de la vaccination doit donc tenir compte de la disparition des anticorps passifs d’origine maternelle, surtout en ce qui concerne les vaccins vivants atténués :

  • rougeoleux
  • rubéolique
  • ou ourlien

A rapprocher des anticorps maternels, les anticorps transmis par le lait maternel qui ont été rendus responsables de certains échecs de vaccination poliomyélitique par voie buccale.

En fait, seul le colostrum contient une quantité importante d’anticorps.

Des études immunologiques ont montré que l’enfant est apte à s’immuniser très tôt ; il n’y a donc aucune raison de repousser les vaccinations au-delà de la première année, comme c’était l’usage au début de la vaccination diphtérique, ni même au cours du second semestre, sauf pour les vaccins vivants atténués.

La nature et la dose de l’antigène

la dose de l'antigène

la dose de l’antigène

La première qualité d’un bon vaccin est d’être fortement antigénique, c’est-à-dire capable d’exercer une bonne stimulation, d’où la nécessité, pour les laboratoires de production, de procéder à une sélection des souches les plus antigéniques.

Par ailleurs, la qualité antigénique des vaccins varie dans une très large mesure selon qu’ils sont constitués de germes ou de virus vivants atténués ou inactivés tués.

La structure de l’antigène, notamment sa taille, sa constitution chimique, sa configuration ainsi que son état physique interviennent dans la réponse immune.

L’antigène est d’autant plus immunogène que la molécule qui le porte est soit agrégée, soit particulaire (vaccins splités).

La dose d’antigène administrée peut influencer la réponse en anticorps, provoquant un état de tolérance spécifique vis-à-vis de ce même antigène lors d’une injection ultérieure.

Le mode de préparation du vaccin est également à prendre en considération.

Il y a en effet 2 grands types de vaccins :

  • ceux où l’antigène vaccinal est à l’état brut
  • et d’autres où l’antigène vaccinal a été modifié par adsorption sur un adjuvant

Le mode d’administration du vaccin

vaccin

vaccin

En France, les injections vaccinales sont faites :

  • à l’épaule ou dans la région sus-scapulaire ou à la face externe du bras dans la région deltoïdienne par voie sous-cutanée
  • ou dans la fesse par voie intra-musculaire

Ces 2 sites constituent le mode habituel d’introduction de nombreux vaccins :

  • coqueluche
  • diphtérie
  • poliomyélite
  • choléra
  • grippe
  • rougeole
  • rubéole
  • oreillons, etc

La voie intradermique est surtout réservée au B.C.G. On peut aussi utiliser cette technique pour les vaccinations anticholérique, antityphoïdique.

A rapprocher des scarifications, la méthode dite des piqûres multiples utilisée pour le B.C.G. et la vaccination antivariolique.

La voie buccale est réservée actuellement à la vaccination antipoliomyélitique.

Des résultats préliminaires ont été rapportés avec les vaccins typhoïdique et cholérique administrés par voie buccale.

Sauf à titre expérimental, aucun vaccin n’est actuellement utilisé par aérosols et les injecteurs sous pression, type IMOJET, sont réservés aux vaccinations de masse.

Les adjuvants de l’immunité

L’immunisation active prophylactique doit avoir des effets de longue durée.

Pour des raisons pratiques et économiques, elle doit être obtenue avec un nombre minimal d’injections et, dans certains cas, pour renforcer l’effet immunogène, il faut avoir recours à des moyens particuliers tels les adjuvants que l’on injecte avec l’antigène.

Ceux-ci potentialisent de façon non spécifique les réponses immunitaires, permettant ainsi d’obtenir des titres plus élevés d’anticorps avec une quantité plus faible d’antigènes et un plus petit nombre de doses.

Les adjuvants ont une activité immunostimulante sans être immunogènes. Les plus largement utilisés sont les composés d’alumine (l’hydroxyde et le phosphate d’alumine).

Ces composés ne représentant aucun danger pour l’homme sont parfois suivis de nodules résistants et, dans des cas exceptionnels, d’abcès locaux stériles.

La formation d’un petit granulome est inévitable chez les vaccins adjuvés et doit être considérée comme une condition nécessaire à l’efficacité de la vaccination.

Leur mécanisme d’action n’est pas bien connu : il est admis que les solutions d’antigènes précipitées par l’adjuvant provoquent le développement d’un granulome local au site de l’injection, comportant essentiellement des macrophages.

L’antigène, lentement libéré de ce dépôt, donne lieu à une réaction inflammatoire locale secondaire au point d’injection.

L’adjuvant peut, par ailleurs, modifier l’immunogénicité de l’antigène en se fixant passivement sur lui et exercer une activité stimulante sur la prolifération des lymphocytes T et sur les macrophages avec augmentation du pouvoir de phagocytose.

L’état nutritionnel

La malnutrition protéino-calorique détermine chez l’enfant des changements morphologiques du système immunitaire, caractérisés par une involution thymique et une diminution du nombre des lymphocytes des organes lymphoïdes.

Ceci provoque la diminution de l’immunité à médiation cellulaire objectivée :

  • in vivo par les tests cutanés d’hypersensibilité retardée à différents antigènes
  • et in vitro par les tests de transformations lymphoblastiques

On note aussi une réduction du taux du complément, sauf pour la fraction C4.

En revanche, la majorité des études effectuées n’a pas révélé de modification apparente de l’immunité humorale.

Le taux sérique des IgG et des IgM est normal mais les IgA sécrétoires sont diminuées.

En raison de ces anomalies, les enfants atteints de malnutrition peuvent avoir une réponse immunitaire quelque peu diminuée vis-à-vis de vaccins faisant appel à l’immunité cellulaire tels le B.C.G. et le vaccin antivariolique.

Les études effectuées après vaccination n’ont pas révélé une diminution apparente de la synthèse des anticorps vis-à-vis des vaccins viraux ou bactériens, en dehors des vaccinations antityphoïdique et antiamarile.

Il est à signaler, par ailleurs, qu’en raison du déficit de l’immunité à médiation cellulaire chez les enfants atteints de malnutrition extrême, certains vaccins vivants ainsi que le B.C.G. ou le vaccin antivariolique peuvent être moins bien tolérés.

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