Accidents paralytiques et encéphalitiques

Quelques réactions indésirables de la vaccination peuvent survenir y compris :

  • les accidents paralytiques
  • les accidents  encéphalitiques

Accidents paralytiques

Vaccination

Vaccination

Le risque de survenue de poliomyélite paralytique au décours de la vaccination par le vaccin Sabin est réel.

Dans certains cas, il a pu être démontré que ces accidents survenaient chez des sujets en état de carence immunitaire.

Dès 1966, Hopkins évaluait le risque à 0,06 pour 1 million de sujets vaccinés avec un vaccin trivalent et Schonberger et coll., étudiant les cas de poliomyélite associés à la vaccination par voie orale, entre 1961 et 1972, notent, que :

  • avant 1965, 63 cas de poliomyélite vaccinale sur 346 millions de doses distribuées ont été répertoriés, soit 0,182 par million de doses
  • entre 1965 et 1972, 16 cas seulement sont observés sur 205 millions de doses, soit 0,078 par million de doses

Chez les sujets contacts, Schonberger et coll. signalent :

  • 3 cas avant 1965, doit 0,009 par million de doses
  • 39 cas déclarés entre 1965 et 1972, doit 0,190 par million de doses

Schonberger et coll. montrent ainsi que le nombre de cas de poliomyélite post-vaccinale diminue chez les vaccinés et augmente chez les sujets contacts depuis 1965.

Dans une étude récente rapportée par C.D.C. d’Atlanta, entre 1969 et 1980, sur 291 millions de doses de vaccin buccal distribué, 93 cas de poliomyélites paralytiques associés à la vaccination ont été signalés dont 36 chez les vaccinés, soit 1 cas pour 8 millions de doses et 57 dans l’entourage, soit 1 cas pour 5 millions de doses.

La majorité des cas vaccinaux, 92 %, concernait des enfants âgés de moins de 4 ans tandis que 73 % des sujets contacts étaient âgés de plus de 20 ans.

Les cas vaccinaux étaient essentiellement dus aux type II et III.

Enfin, il est important de souligner que les cas ayant atteint l’entourage d’un vacciné peuvent être prévenus par la vaccination des sujets réceptifs en contact.

Au États-Unis, le risque de paralysie chez un individu vacciné ou chez ses proches contacts a été estimé à 1 cas pour 3,2 millions de doses distribuées.

Ces incidents proportionnellement rarissimes sont, bien sûr, à relever de façon systématique en vue d’évaluation du risque mais ne doivent pas jeter le discrédit sur la vaccination antipoliomyélitique.

Accidents encéphalitiques

Les acquisitions récentes sur le rôle possible du virus sauvage de la rougeole dans l’étiologie de certaines panencéphalites, ainsi que la connaissance des encéphalites morbilleuses et la fréquence des anomalies électro-encéphalographiques observées lors des rougeoles normales, attestent le neurotropisme du virus morbilleux.

Les complications nerveuses de la rougeole ont pris, récemment, plus d’importance au fur et à mesure que les complications pulmonaires diminuaient sous l’effet des antibiotiques.

L’encéphalite morbilleuse est imprévisible et frappe quels que soient l’âge et le terrain.

Landrigan et Witte, étudiant les manifestations neurologiques observées moins de 30 jours après la vaccination chez 50,9 millions d’enfants vaccinés entre 1963 et 1971 aux États-Unis, ont révélé la faible incidence des accidents de telles manifestations.

Ces auteurs ont montré que l’incidence des accidents neurologiques est de 1,16 par million de doses de vaccin distribuées.

Toutefois, le taux d’incidence chez ceux qui ont reçu la souche Edmonston B a été de 1,61 par million de doses contre 0,78 par million de doses chez les sujets vaccinés par le vaccin suratténué Schwarz.

L’incidence des manifestations neurologiques post-vaccinales est de loin inférieure à celle des encéphalites dues à la rougeole naturelle qui survient à la fréquence approximative de 1 pour 1000 à 2000 cas de rougeole.

La crainte de la vaccination rougeoleuse était surtout dominée par la survenue d’une panencéphalite sclérosante subaiguë.

Cette crainte s’est révélée sans fondement et les données disponibles actuellement montrent une association plus faible de la maladie après vaccination qu’après rougeole naturelle.

Modlin a rapporté les résultats d’une étude effectuée entre 1960 et 1974 ; il note 5 à 10 fois moins de panencéphalite après vaccination qu’après rougeole naturelle, soit 0,5 à 1,1 cas pour 1 million de vaccinations contre 5,9 à 9,7 pour 1 million de rougeole.

D’après l’O.M.S., le risque de leucoencéphalite est au moins 12 fois inférieur après vaccination, par rapport au risque consécutif à la rougeole.

Les taux estimés de réactions adverses graves à la vaccination par rapport aux complications de la rougeole naturelle relevés par l’O.M.S. sont indiqués dans le tableau suivant.

Réaction adverses Complications de la rougeole taux pour 100000 cas Réactions adverses dues au vaccin rougeole taux pour 100000 vaccinés Taux global de morbidité rougeoleuse pour 100000 personnes
 Encéphalite/encéphalophatie  50 – 400                 (0,05 % – 0,4%)  0,1  0,1 – 0,3
 Panencéphalite sclérosante subaiguë  0,5 – 2,0  0,05 – 0,1  –
 Pneumonie  3800 – 7300             (3,8 % – 7,3 %)  –  –
 Convulsions  500 – 1000               (0,5 % – 1%)  0,02 – 190  30
 Décès  10 – 10000             (0,01 % – 10 %)  0,02 – 0,3  –

Tableau : taux de réactions adverses graves après vaccinations rougeole et après rougeole maladie.

Les accidents neurologiques après vaccination rubéolique sont exceptionnels.

Cependant, des manifestations douloureuses affectant les extrémités, les bras ou les jambes, ont été rapportées plus particulièrement chez les enfants ; leur date d’apparition est similaire à celle des phénomènes articulaires.

Elles sont habituellement transitoires mais, dans certains cas, les douleurs peuvent persister dans les semaines qui suivent.

Les accidents neurologiques graves, quant à eux, sont très rares puisque les cas d’encéphalopathies sont encore beaucoup plus improbables que lors de l’infection naturelle, où elles se rencontrent une fois sur 5 à 6000 cas.

Holt et coll ont rapporté 2 cas de myélite diffuse survenus après vaccination contre la rubéole chez des jeunes filles de 13 à 17 ans.

Mais dans les 2 cas, une relation de cause à effet n’a pu être établie, les complications étant survenues dans les 3 ou 4 jours après vaccination.

De tels faits n’ont pas été observés avec les vaccins français.

Des cas de polyradiculonévrite de Guillain-Barré, caractérisés par des paralysies sensitivo-motrices périphériques, débutant aux membres inférieurs, avec dissociation albumino-cytologique du liquide céphalo-rachidien, ont été décrits lors des infections par entérovirus ainsi  qu’au cours de plusieurs maladies infectieuses :

  • diphtérie
  • scarlatine
  • oreillons
  • grippe
  • infections respiratoires virales
  • rubéole
  • mononucléose infectieuses
  • varicelle
  • herpès

De rares cas ont été rapportés après vaccinations :

  • variolique
  • tétanique
  • poliomyélitique
  • rubéolique

Ils sont plus fréquents avec le vaccin rabique cultivé sur tissus nerveux et avec le vaccin grippal contenant la souche A Jersey 76, commercialisé en 1976 aux États-Unis lors de l’épidémie de grippe porcine.

Pendant plus de 80 ans, tous les vaccins rabiques utilisés, chez l’homme, étaient généralement préparés à partir de substances nerveuses de divers animaux, occasionnant des incidents post-vaccinaux graves.

Ces incidents ont été réduits par l’utilisation de substance cérébrale d’animaux nouveau-nés ou d’embryons aviaires.

Mais c’est le vaccin développé par l’Institut Mérieux depuis 1968 qui a permis aussi bien une prophylaxie qu’un traitement après exposition, dans des conditions d’innocuité, d’efficacité et d’atoxicité exceptionnelles.

Les complications neurologiques sérieuses des vaccins rabiques préparés sur tissu cérébral sont estimées à 1 cas sur 160 personnes vaccinées.

La fréquence de tels accidents est estimée à 1 cas pour 1765 vaccinations avec le HEMPT ; à 1 pour 16000 avec le souriceau nouveau-né  et à 1 pour 32000 avec le vaccin préparé sur embryon de canard.

Aucun accident n’a été signalé avec le vaccin cultivé sur cellules diploïdes humaines.

Les troubles neurologiques post-vaccinaux surviennent généralement dans la deuxième semaine de la vaccination;

Cliniquement, on distingue des formes périphériques à type de névrite localisée et des formes centrales à type de myélite.

Le pronostic de ces accidents est souvent favorable mais des séquelles sont possibles.

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