Classification des contre-indications selon le type de vaccins

En fonction de nos connaissances actuelles, il est logique de classer les contre-indications selon le type des vaccins utilisés, en les répartissant schématiquement en 2 catégories :

  • les vaccins inactivés, les vaccins polysaccharidiques et les anatoxines
  • les vaccins vivants atténués

Classification des contre-indications

Contre-indications des vaccins inactivés, polysaccharidiques et anatoxines

Concernant les sujets atteints :

  • d’une hyperthermie en cours
  • de maladies infectieuses aiguës ou subaiguës évolutives
  • de maladie évolutives chroniques, viscérales ou autres

Une contre-indication particulière concerne la vaccination anticoquelucheuse des enfants atteints d’encéphalopathie que ceux ayant dans leur antécédents des convulsions ou des crises d’épilepsie.

En cas de déficit immunitaire acquis on peut administrer des vaccins vivants atténués (rougeole, varicelle), à condition que le sujet ait une rémission ou après arrêt de la chimiothérapie immunodépressive une semaine avant et une semaine après pour le vaccin varicelle, 3 mois avant et 3 à 12 mois après pour le vaccin rougeole.

Contre-indications des vaccins vivant atténués

Concernant les sujets atteints :

  • d’une hyperthermie en cours
  • de maladies infectieuses aiguës ou subaiguës évolutives
  • de déficit immunitaire congénital
  • de déficit immunitaire acquis
    • leucémie (les vaccinations contre la varicelle est la rougeole peuvent être faites dans certains cas)
    • lymphome
    • affections cancéreuses malignes
    • traitement immunodépresseur, corticothérapie, radiothérapie antimétabolite…
    • la grossesse (cette contre-indication est basée sur un risque théorique)
    • l’injection récente de gammaglobulines (rougeole, rubéole, oreillons)
    • une contre-indication particulière concerne la vaccination antivariolique des enfants atteints d’eczéma ou de dermatoses étendues évolutives

Le vaccin coquelucheux constitue une contre-indication chez les enfants atteints d’une affection neurologique ou ayant dans leurs antécédents personnels des manifestations neurologiques.

Cette vaccination est indispensable même dans le cas décrit ci-dessus si les enfants sont amenés à vivre dans une collectivité les exposant à la contamination.

Vaccination et SIDA

La vaccination des enfants atteints d’une infection à VIH, peuvent-ils avoir une diminution de leur réponse immune, un risque plus important de réactions secondaires ou une accélération de l’immunosuppression provoquée par le VIH ?

Les vaccinations effectuées chez les enfants séropositifs symptomatiques ou non, n’ont pas montré, en dehors du B.C.G., une majoration des réactions secondaires mais une diminution certaine de la réponse immune vis-à-vis des vaccins vivants et inactivés.

Malgré les contre-indications des vaccins vivants chez les personnes atteintes d’un déficit immunitaire, l’O.M.S. recommande ces vaccins dans les régions où le risque d’exposition à la rougeole et au poliovirus est élevé ; les avantages de la vaccination sont largement supérieurs aux effets indésirables de ces vaccins en présence d’une infection à VIH symptomatique.

Il est cependant conseillé d’administrer un vaccin poliomyélitique inactivé afin d’éviter un risque accru de poliomyélite paralytique associée au vaccin oral.

Selon ces mêmes recommandations, le B.C.G. ne doit pas être donné aux enfants séropositifs présentant une infection symptomatique.

En revanche, ceux qui présentent une infection asymptomatique peuvent être vaccinés dès la naissance par le B.C.G. si le risque de tuberculose est élevé (tableau)

L’ACIP, aux États-Unis, contre-indique  :

  • le B.C.G et le polio oral chez les séropositifs et les symptomatiques
  • le vaccins grippal chez les séropositifs
Vaccins

O.M.S.

asymptomatique

symptomatique

ACIP

asymptomatique

symptomatique
 B.C.G. oui non non  non
 D.T. Coq oui oui  oui  oui
 V.P.O.  oui  oui  non  non
 V.P.I.  oui  oui  oui  oui
 Rougeole  oui  oui  oui  oui
 Grippe  oui  oui  non  oui
 Pneumo 23  oui  oui
 Hemophilus influenzae  oui  oui

Tableau : recommandations de l’O.M.S. et de l’ACIP sur l’administration des vaccins aux sujets infectés par le VIH.

D’après les recommandations du Conseil Supérieur d’Hygiène de France, la vaccination d’un enfant né de mère VIH séropositive dépend étroitement de la situation de l’enfant vis-à-vis du virus.

Si l’enfant n’est pas infecté, le calendrier vaccinal habituel peut être normalement appliqué y compris le B.C.G. après disparition des anticorps maternels.

En revanche, seuls les vaccins inactivés peuvent être administrés chez l’enfant infecté, qu’il soit séropositif ou symptomatique.

Le B.C.G. est définitivement contre-indiqués tandis que les autres vaccins vivants (rougeole, rubéole, oreillons, polio buccal) peuvent être administrés chez les enfants séropositifs asymptomatiques ne présentant pas de déficit immunitaire, après avis d’une équipe pédiatrique spécialisés.

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