Bien conserver un vaccin avec la chaîne de froid

La chaîne de froid n’est pas seulement un problème matériel, elle est aussi un problème de personnel qui assure le stockage et le transport des vaccins dans de bonnes conditions.

L’importance du personnel qui fait fonctionner la chaîne du froid est capitale ; même avec le meilleur matériel de réfrigération et les meilleurs moyens de transport, la chaîne de froid prendra toute efficacité si le personnel ne s’occupe pas correctement des vaccins.

Logistique d’une chaîne de froid

Il y a cinq étapes dans l’élaboration d’une logistique de la chaîne de froid :

Le choix d’une stratégie de livraison

Le choix d’une stratégie de livraison des vaccins au Service de Santé qui peut être fixe, avec un matériel et un personnel permanent ; ou avancée, dans ce cas, le personnel peut être amené à se rendre à des centre annexes, nécessitant ainsi des frais de déplacements et du matériel frigorifique supplémentaires.

Enfin elle peut être mobile, faisant appel au personnel d’un bureau régional qui se déplace vers les secteurs qui ne disposent d’aucun moyen de réfrigération.

Le choix d’un site de stockage

Pour choisir le site de stockage des vaccins, il faut tenir compte, non seulement de la source d’énergie dont on dispose (électricité, gaz ou pétrole), mais aussi des moyens d’entretien disponibles et du personnel qui s’occupera du dépôt.

Le choix de la méthode de distribution des vaccins

Avec des stocks réduits, les vaccins risquent moins d’être endommagés à la suite d’une panne de réfrigérateur.

Une distribution plus fréquente permet de diminuer les risques de péremption des vaccins. L’approvisionnement en vaccins peut se faire directement au centre de stockage ou peut être livré dans les centres disposant de moyens de conservation.

Le rythme de distribution dépend de la distance à parcourir et des moyens de transport disponibles.

Le calcul de la capacité de dépôt

Il est basé sur la fréquence des distributions, sur le nombre de doses de vaccin utilisées pendant une période déterminée, sur l’importance du stock de réserve et celle du matériel frigorifique.

Le choix du matériel nécessaire

Réfrigérateurs adaptés aux circonstances et à l’énergie disponible (électricité, gaz ou pétrole), boîtes isothermes, accumulateurs de froid seront choisis en fonction du volume des vaccins à conserver et à transporter.

Thermosensibilité des vaccins

Thermosensibilité des vaccins

Thermosensibilité des vaccins

D’une étude de l’O.M.S. sur la stabilité des vaccins, il ressort que :

  • les anatoxines tétanique et diphtérique sont les plus stables
  • suivies par le vaccin coquelucheux associé au vaccin diphtérie-tétanos
  • puis par le vaccin poliomyélitique inactivé
  • le B.C.G. lyophilisé
  • le vaccin rougeoleux
  • le vaccin poliomyélitique vivant

Les vaccins diphtériques et tétanique peuvent résister à des températures aussi élevées que 37° C pendant plusieurs mois, tandis que le vaccin rougeoleux lyophilisé reconstitué n’est stable que pendant quelques heures.

Certains vaccins peuvent être congelés lors de leur stockage ; il s’agit essentiellement des vaccins viraux à virus vivants atténués :

  • polio oral
  • fièvre jaune
  • rubéole
  • oreillons
  • rougeole

Mais parfois leur conditionnement unitaire avec le solvant contre-indique leur congélation : l’ampoule de solvant risque d’éclater lors de la congélation.

D’autres par contre ne doivent, en aucune façon, être congelés ; il s’agit des vaccins inactivés, surtout adsorbés.

D’après des études menées par l’O.M.S., il s’avère que la congélation des vaccins adsorbés peut diminuer leur activité et contre-indique formellement leur utilisation.

Par ailleurs, les vaccins adsorbés congelés présentent des particules granuleuses ou floconneuses à la décongélation ; lorsqu’ils sont secoués, ils sédimentent dans les 30 minutes en formant un dépôt surmonté d’une colonne de liquide clair, indiquant que le vaccin a été congelé;

Ainsi, les vaccins les plus sensibles à la chaleur seront placés dans la partie la plus froide, généralement en haut du réfrigérateur. Par ailleurs, l’exposition répétée à des températures élevées d’un vaccin exerce un effet néfaste cumulatif sur son activité.

Indications et contre-indications de la congélation

Congélation Produits Observations
 Congélation formellement contre-indiquée
  • Vaccins adsorbés
    • D.T. Vax
    • D.T. Coq
    • Tétavax
    • Vaxicoq
    • Tétracoq
  • Vaccins fluides non adsorbés
    • Vaccin polio inactivé
    • T.Polio
    • D.T. Polio
    • Vaxigrip
    • Monovax

 

La congélation d’un vaccin adsorbé est une contre-indication absolue. Sous l’effet de la congélation, le gel d’alumine perd sa structure colloïdale et se divise en parties cristallines pouvant provoquer des abcès aseptiques au point d’injection et rendre le vaccin inefficace.Ces produits ne doivent pas être congelés ; il existe un risque de perte d’activité.
 Congélation non souhaitable
  •  Allerglobuline
  • Gamma 16
  • Sérum antitétanique
  • Sérum antivenimeux
 La congélation éventuelle de ces produits n’altère en rien leurs qualités immunologiques. Elle n’est cependant, pas souhaitable, car elle pourrait, dans certains cas, provoquer un précipité de protéines et rendre le produit réactogène lors de l’injection.Il est donc recommandé de mirer les ampoules pour voir s’il y a eu congélation et de rejeter celles qui présentent un important précipité.

 

 Congélation possible mais non souhaitable à cause du conditionnement du produit
  •  Vaccin rabique inactivé
  • vaccin tuberculeux atténué lyophilisé
  • D.T. Bis
  • D.T. Bis-rudivax
  • Vaccin Méningococcique A + C
  • Pneumo 14-Imovax
  • Rouvax
  • Rudivax
  • Imovax-Oreillons
  • Sabin
  • Vaccin variolique
 Il est préférable de conserver ces vaccins à leur température requise de stockage; Leur congélation est non souhaitable, non pas à cause d’une altération du produit ou d’un risque de perte d’activité mais à cause de conditionnement du produit

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