Efficacité de la vaccination grippale

L’histoire de la grippe se confond avec celle des multiples épidémies.

Petit historique

Hippocrate semble avoir connu la maladie qui reçoit, au XIV ème siècle, le nom d’influenza de l’italien « Influenza di Fredo ».

Mais c’est à Jussieu que revient la première description de la maladie.

Voltaire, en 1768, écrit : « Le grippe en faisant le tour du monde, a passé par notre vieille Sibérie et s’est emparée un peu de ma vieille et chétive figure ».

Mais la première épidémie rattachable à la grippe date de 1889, puis c’est l’effroyable épidémie de grippe espagnole de 1918 qui a causé plus de 15 millions de morts.

Victimes du grippe espagnole

Victimes du grippe espagnole

  • la même année Dujarric démontre que la maladie est due à un ultravirus
  • en 1939, Burnett à Melbourne réussit à cultiver le virus sur membrane chorioallantoïde
  • Magill en 1940 isole le virus B
  • Taylor en 1947 le virus C

Les dernières épidémies surviennent en 1957-1958 et 1969-1970.

Une maladie dangereuse

La grippe reste l’une des maladies infectieuses les plus graves tant par son retentissement socio-économique que par le nombre important de décès qu’elle occasionne.

Assad et Borecka ont étudié 2737 rapports d’infections virales mortelles reçus des laboratoires de 39 pays, de 1967 à 1975.

Plus d’un tiers du nombre des décès était associé à des infections par le virus grippal et plus d’un sixième par l’herpès, dans les pays industrialisés.

Alors que dans les pays en voie de développement, ce sont les décès associés aux entérovirus, notamment poliovirus qui étaient les plus fréquemment rapportés.

En France, l’épidémie de 1969-1970 a été responsable de la mort de 18000 personnes en 2 mois, dont 80 % concernaient des sujets âgés de plus de 65 ans.

Du fait de sa diffusion et de sa gravité potentielle, la grippe justifie une prophylaxie dont la meilleure est actuellement la vaccination ; en effet, l’isolement est illusoire et la chimioprophylaxie est inefficace et inapplicable.

La connaissance approfondie que nous avons actuellement des virus grippaux qui circulent dans le monde entier permet la préparation d’un vaccin parfaitement adapté à la mutation du virus et au contexte épidémiologique en cours.

La vaccination grippale

La vaccination grippale existe depuis plus de 10 ans et des améliorations sont intervenues, essentiellement dans la tolérance, du fait de l’amélioration de la purification.

Cette vaccination entraîne une réponse immunologique spécifique aux souches virales contenues dans le vaccin, celles-ci étant choisies d’après leur virulence et leur diffusion durant les derniers mois.

Ceci est indispensable car on s’aperçoit que lorsque le virus sauvage du même sous-type que celui de la souche vaccinale a subi un glissement antigénique, le niveau de l’immunité procuré par un vaccin non adapté est plus faible.

Cette vaccination entraîne la formation d’anticorps anti-hémagglutinine qui neutralisent et inhibent l’infection, et d’anticorps antineuramidase qui limitent la dissémination et l’excrétion virale et, par cela, diminuent la diffusion de la maladie.

La vaccination grippale entraîne une protection spécifique vis-à-vis des virus de la grippe et non vis-à-vis des autres agents infectieux à pathologie respiratoire dont le début clinique simule souvent une infection grippale.

En dehors des épidémies grippales durant l’hiver, on note une circulation importante de ces agents respiratoires (essentiellement les paramyxovirus, adénovirus…) dont le terme générique donné est grippe d’où confusion et la suspicion de la protection vaccinale.

Cette protection n’est pas uniquement théorique et a pu être démontrée, par exemple en 1969-1970 où la vaccination effectuée au cours d’une épidémie grippale a pu arrêter la morbidité, ou lorsqu’une surveillance épidémiologique a pu démontrer la protection par la vaccination dans une population vaccinée ou plurivaccinée par rapport à des sujets non vaccinés.

Pour être efficace et limiter la diffusion virale dans les collectivités, il est indispensable d’atteindre une couverture vaccinale au moins égale à 60 % de la population.

De plus, une épidémie de grippe coûte cher à la société.

Ainsi, Juan dans sa thèse a évalué le coût de la maladie non compliquée, en 1970, à un minimum de 110 francs par jour et par sujet.

D’autre part, une épidémie grippale occasionne de nombreuses hospitalisations et une mortalité importante surtout chez les sujets âgé.

Même ces dernières années, où nous n’avons pas connu de grandes épidémies, la grippe sporadique entraîne un lourd tribut à la population surtout dans la tranche dite du troisième âge.

L’efficacité de la vaccination antigrippale dépendrait beaucoup, au sein d’un groupe donné, de la proportion de sujets vaccinés par rapport à la population considérée.

L’idéal serait donc de pratiquer une vaccination générale qui aurait l’avantage d’assurer une protection plus importante.

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