Ce qu’il faut savoir sur l’hépatite virale

Pour mieux appliquer la vaccination contre l’hépatite, il faut tout connaître sur cette maladie. Les hépatites sont séparées en deux entités étiologiques distinctes depuis 1940 par Mc Collum sur la base de leur période d’incubation et de leur épidémiologie respective, en :

  • hépatite infectieuse à virus A
  • hépatite sérique à virus B

Nos connaissance ont très peu progressé ces dernières années en ce qui concerne l’hépatite à virus A. Quand au virus B, beaucoup d’inconnues ont été élucidées grâce à la découverte de l’antigène Australia et de sa qualité de marqueur spécifique de l’infection.

On a pu aussi distinguer l’hépatite à virus non A – non B. Ce type d’hépatite est lié à un ou plusieurs virus, peut-être à d’autres virus dont l’épidémiologie est mal connue.

Hépatite A

L’hépatite A, maladie contagieuse transmise par voie orofécale, parentérale et peut-être par d’autres voies, se manifeste de façon endémique dans le monde entier et donne lieu souvent à des épidémies plus ou moins importantes.

Hépatite A

Hépatite A

Il ne semble pas exister de transmission vénérienne du virus A.

Les cas infracliniques sont fréquents. L’administration d’immunoglobulines à 16%, à raison de 0,02 à 0,12 ml/kg avant l’exposition au virus ou au début de l’incubation prévient au atténue la maladie clinique, sans toujours empêcher l’infection.

A l’heure actuelle, il n’existe pas d’épreuve spécifique pour l’identification de l’hépatite type A.

Les tentatives d’inoculation sur des animaux, dans le passé, ont échoué et n’ont pas permis la transmission de l’hépatite A à de nombreuses espèces animales.

En 1967, Deinhardt rapporte pour la première fois la transmission du virus de l’hépatite A au marmouset.

En 1973, Feinstone, grâce à l’immuno-microscopie électronique, a mis en évidence des particules d’allure virale dans les selles recueillies au début de la phase aiguë de l’hépatite A.

La formation d’anticorps contre ces particules à été démontrée chez des malades infectés par la souche MS, et à l’égard de particules virales isolées à partir des selles du malade.

Ces particules, de structure sphérique de 27 nanomètres, sont de types entérovirus non cultivables, particulièrement résistants et peuvent survivre plusieurs mois à 20°.

On peut mettre en évidence les anticorps anti A par fixation du complément, RIA ou immuno-adhérence.

L’homme constitue le seul réservoir de virus. L’apparition des AC HA est précoce et se prolonge pendant plusieurs années. La transmission de la maladie est essentiellement liée au péril fécal.

La contamination est indirecte en raison de la grande résistance du virus au milieu extérieur. La contamination directe d’homme à homme est rare.

C’est une maladie des mains sales. En France, le portage d’Ac dépasse 60% des cas à l’âge de 20 ans et concerne 80% de la population après 40 ans.

Hépatite B

L’hépatite B constitue un problème de santé publique par sa fréquence. 250 millions de sujets forment le réservoir de virus dans le monde, ce qui représente en France 0,5% de la population.

Il a été admis pendant longtemps que l’hépatite à virus B était transmise uniquement par voie parentérale : hépatite de la seringue.

Mais il devient de plus en plus difficile d’attribuer à ce mode de propagation toutes les infections à virus de l’hépatite B.

Virus de l'hépatite B

Virus de l’hépatite B

On distingue actuellement trois modes de transmission essentielles :

  • de mère à enfant dans le période péri-natale
  • par voie parentérale
  • de personnes à personne par transmission sexuelle

La prédominance d’un mode de transmission par rapport à une autre varie selon les populations à travers le monde, en fonction de l’incidence de la maladie et des porteurs asymptomatiques.

Aucun vecteur connu n’a été démontré dans la propagation de la maladie.

L’Ag HBs a été trouvé dans de nombreux liquides ou sécrétions organiques :

  • salive
  • selles
  • bile
  • sperme…

Cela explique la possibilité de transmission vénérienne ou par voie orale de la maladie.

L’épidémiologie de l’hépatite B est liée à la présence de porteuers d’Ag HBs à partir desquels l’infections se transmet.

La source de contamination est représentée par les sujets atteints d’hépatite B dans ses formes aiguës, frustes ou inapparentes.

Les porteurs chroniques constituent une autre source de contamination. Il s’agit de sujets atteints de cancer du foie, de cirrhose hépatique ou d’hépatite chronique.

Les porteurs asymptomatiques de l’Ag HBs représentent un autre mode de contamination. Leur fréquence, basse en Europe et aux États-Unis est plus élevée en Asie et en Afrique.

La majorité de ces porteurs sains est de sexe masculin.

La transmission périnatale de la maladie est possible : environ 5 à 7% d’enfants nés de porteurs asymptomatiques d’antigène HBs sont positifs à la naissance.

Plusieurs études effectuées ces dernières années ont montré que certaines catégories de population sont plus exposées que d’autres à contracter la maladie.

La vaccination contre l’hépatite B est indiquée :

  • en pré-exposition aux :
    • professions médicales et para-médicales
    • hémodialysés et personnel des centres d’hémodialyse
    • polytransfusés
    • prostituées
    • homosexuels
    • conjoints de porteurs chroniques et autres membres de la famille
    • drogués
    • population à haut risque
    • voyageurs se rendant dans une région endémique
  • en post-exposition aux
    • nouveau-nés de mères positives
    • agents de santé manipulant des objets susceptibles d’avoir été contaminés

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