Indications et contre-indications des vaccinations chez la femme enceinte

La question de l’innocuité des vaccinations, pour le fœtus, chez la femme enceinte est fréquemment posée.

L’idéal serait de vacciner avant la gestation car certains vaccins ne sont pas dénués de danger au cours d’une grossesse.

Cependant, on est souvent amené à vacciner des femmes enceintes soit à l’occasion d’un voyage à l’étranger, soit lors des épidémies qui sévissent dans le monde.

En ce qui concerne les dangers des vaccinations chez les femmes enceintes en France, on peut classer schématiquement les indications vaccinales en 3 catégories :

Vaccinations sans danger chez la femme enceinte

Les vaccinations antitétanique, antigrippale, antipoliomyélitique par le vaccin inactivé Salk et la vaccination anticholérique peuvent être pratiquées sans danger chez la femme enceinte et sont même recommandées selon les circonstances.

Vaccination grippale et antitétanique

En raison du risque d’avortement que peut faire courir la grippe chez la femme enceinte, la vaccination grippale peut être indiquée à n’importe quel âge de la grossesse ainsi que le vaccin antitétanique qui a été préconisé, dès 1927, par RAMON afin de prévenir le tétanos du nouveau-né.

Depuis lors, plusieurs travaux ont confirmé la transmission de l’immunité de la mère vaccinée pendant sa grossesse à son nouveau-né et l’innocuité totale de cette vaccination.

Vaccination antipoliomyélitique

La vaccination antipoliomyélitique par le vaccin inactivé Salk est efficace et bien tolérée chez la femme enceinte.

Aucune enquête ne fait mention d’une augmentation du taux des malformations fœtales ou d’avortement après l’injection d’un tel vaccin.

Vaccin cholérique

En France, le vaccin cholérique s’impose surtout lors d’un voyage dans certains pays où le choléra sévit à l’état endémique ou lors des épidémies.

Depuis 1974, cette vaccination n’est plus recommandée par l’O.M.S. Elle peut être faite aux femmes enceintes sans danger.

La législation internationale considère que le certificat de vaccination devient valable 6 jours après vaccination : sa durée de validité est de 6 mois.

Vaccination contre l’hépatite B

La vaccination contre l’hépatite B, dont l’indication chez la femme enceinte reste exceptionnelle, est de peu d’intérêt.

Elle peut se poser lors d’un voyage en zone d’endémie avec risque majeur de contamination.

Vaccinations à éviter en cours de grossesse

Ce sont essentiellement les vaccins à virus vivants qui sont légalement interdits pendant la grossesse, par précaution surtout, car on pourrait imputer à un vaccin la responsabilité d’une malformation néo-natale.

Primo-vaccination variolique

L’unique vaccination présentant un risque réel est la primo-vaccination variolique qui n’a plus aucune raison d’être puisque la variole a été éradiquée dans le monde entier depuis 1977 et que la vaccination a été suspendue en France depuis Mai 1974.

Vaccin contre la rubéole

Le vaccin contre la rubéole est le premier vaccin disponible destiné à prévenir l’infection rubéoleuse chez la mère et les anomalies consécutives chez son embryon.

Les femmes en âge de procréer ne pourront être vaccinées que si les risques de grossesse sont nuls pendant les 2 mois qui suivent l’injection vaccinale.

Une telle recommandation est justifiée par 2 faits :

  • d’une part, le risque fœtal après vaccination
  • et d’autre part, la fréquence des malformations constatées à la naissance qui seront imputées systématiquement à la vaccination rubéolique si celle-ci avait eu lieu durant la grossesse

Vaccination amarile

La vaccination amarile ou contre la fièvre jaune s’impose chez la femme enceinte surtout lors d’un voyage dans les régions d’endémie ou infectées de fièvre jaune.

Les enquêtes effectuées dans le monde montrent l’innocuité de cette vaccination, quel que soit l’âge de la grossesse.

Vaccinations inutiles ou à prescrire exceptionnellement pendant la grossesse

Aucun des vaccins mentionnés ci-après n’est tératogène.

Vaccination coquelucheuse

La vaccination coquelucheuse provoque fréquemment de fortes réactions et l’hyperthermie qui accompagne les réactions vaccinales peut déclencher un avortement ou un accouchement prématuré.

Il semble donc imprudent de vacciner les femmes enceintes, surtout que l’indication de cette vaccination ne se pose que très rarement.

Vaccination diphtérique

La vaccination diphtérique est relativement mal supportée par les adultes ; elle sera limitée aux cas d’urgence assez rares.

Vaccination rabique

La vaccination rabique est uniquement recommandée pour les cas de contamination certaine.

Les vaccins cultivés sur broyats de cerveaux animaux, du fait des très fortes réactions qu’ils occasionnent, ont été délaissés ces dernières années au profit de vaccins inactivés obtenus sur la culture cellulaire, totalement dépourvus de cellules nerveuses.

Le vaccin rabique, cultivé sur cellules diploïdes humaines, est d’une efficacité et d’une innocuité totale.

En raison de la gravité de la rage, cette vaccination s’impose chez la femme enceinte en cas de morsure par un animal enragé ou suspecté de rage.

Vaccination par le B.C.G.

La vaccination par le B.C.G., quoique sans danger, est à déconseiller pendant la grossesse.

En cas de contamination, on pourra avoir recours à la chimiothérapie antituberculeuse.

Vaccination antiméningococcique A et C

La vaccination antiméningococcique A et C ne se justifie pas encore en France ; la méningite à méningocoque de type B étant la plus fréquente.

Mais cette vaccination peut se justifier lors d’un voyage à l’étranger dans une zone d’endémicité. Ces vaccins sont d’une innocuité totale et peuvent être administrés à la femme enceinte.

Vaccination pneumococcique

La vaccination pneumococcique est inutile chez la femme enceinte ainsi que le vaccin typhoparatyphoïdique.

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