Indications thérapeutiques des immunoglobulines

Les gammaglobulines trouvent de nombreuses indications en pédiatrie courante que l’on peut classer en 4 catégories principales :

  • les déficits immunitaires
  • les maladies infectieuses
  • les états allergiques
  • la maladie hémolytique du nouveau-né

Nous allons nous concentrer sur 3 de ces indications.

Déficits immunitaires

Les carences immunitaires congénitales

Les carences immunitaires congénitales sont des affections relativement rares se caractérisant par une susceptibilité marquée aux infections.

Les immunoglobulines jouent un rôle substitutif et ne sont efficaces que dans les déficits de l’immunité humorale, notamment dans les agammaglobulinémies congénitales liées au sexe.

Pour assurer l’effet maximal, il est nécessaire de tenir compte de la demi-vie des immunoglobulines qui est de 20 jours pour les IgG et de la concentration des préparations utilisées pour maintenir un taux plasmatique > ou égale à 200 mg/100 ml.

Ce taux est généralement obtenu grâce à l’injection de 1 à 2 ml/kg d’immunoglobulines standard à 16,5% répétée, selon les cas, toutes les 2 à 3 semaines.

En cas de volume trop important à injecter, la dose pourra être fractionnée ou répartie en deux injections espacées de 15 jours.

On peut aussi recourir à la voie intraveineuse, à la posologie de 200 à 400 mg/kg, toutes les 3 à 4 semaines, qui permet d’obtenir une concentration sanguine optimale immédiate et une grande rapidité d’action, avec absence de réactions locales et générales.

Curativement, en cas d’infections graves, les immunoglobulines intraveineuses peuvent être administrées en association avec les antibiotiques.

Hypogammaglobulinémies

Si la cause exacte des hypogammaglobulinémies transitoires du nourrisson, responsables d’infections récidivantes, n’apparaît pas très clairement, il n’en reste pas moins vrai que ce type de carence représente, avec les déficits du prématuré, une des meilleurs indications de la thérapeutique substitutive par les gammaglobulines.

Il en est de même pour les déficits secondaires à une fuite protéique :

  • brûlures
  • syndrome néphrotique
  • diarrhée chronique
  • à un défaut de synthèse :
    • néoplasie
    • hémopathie lymphoïde

Déficits en IgA

Dans les déficits en IgA, les immunoglobulines sont contre-indiquées ; il peut en résulter une immunisation avec apparition d’anticorps anti-IgA qui peuvent être responsables de chocs lors d’une injection ultérieure.

Maladies allergiques

Divers auteurs ont obtenu des résultats intéressants avec des gammaglobulines à pouvoir histaminoprotecteur, notamment chez l’enfant, dans le traitement des maladies allergiques.

Paupe et ses coll, dans une étude portant sur 75 cas d’allergies infantiles traités par l’Allerglobuline, obtiennent 81% de bons résultats.

Son action thérapeutique a été à peu près identique dans des allergies cutanées ou respiratoires mineurs ou majeurs comme l’asthme.

Asthme

Asthme

La posologie la plus efficace, d’après ces auteurs, comporte une série de 5 à 6 injections d’une ampoule de 5 ml espacées de 2 à 3 jours, complétée par une injection ultérieure un mois après.

Dans une autre étude effectuée chez 40 enfants âgés de 1 ans et demi à 10 ans et demi atteints d’asthme atopique de gravité variable traités par l’Allerglobuline, Paupe et coll. notent une diminution des crises dans une proportion de 34 à 100 % chez  75 % des enfants traités avec une disparition totale des manifestations dyspnéiques chez 17 enfants.

Prévention de l’Immunisation rhésus chez la femme

De nombreux travaux cliniques publiés ces dernières années prouvent que la sensibilisation primaire des mères Rh négatives et le risque d’une maladie hémolytique du nouveau-né peuvent être évités par les immunoglobulines anti-D.

Après l’accouchement d’un enfant Rhésus positif l’administration de gamma anti-D à une femme Rh- permet de détruire les hématies foetales Rh+ susceptibles d’être passées dans la circulation maternelle.

L’injection doit avoir lieu dans :

  • les 72 heures qui suivent l’accouchement
  • généralement par voie intramusculaire
  • à la dose totale de 250 à 300 µg

Cette prophylaxie n’a pas d’intérêt si la mère et l’enfant son Rh-.

L’efficacité des gammaglobulines anti-D est contrôlée 3 jours après l’injection par la constatation de la disparition des hématies foetales et 6 mois après par la recherche d’agglutinines.

Les gamma anti-D sont également indiquées chez une femme Rh- après amniocentèse ramenant un liquide de ponction souillé de sang ou en cas d’avortement d’une grossesse de plus de 6 semaines.

Par ailleurs, l’injection accidentelle d’anti-D à une femme Rh+ n’a pas de conséquences graves.

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