La vaccination antigrippale chez les personnes âgées

La grippe constitue une des maladies infectieuses les plus importante par son retentissement socio-économique que par le nombre de décès qu’elle occasionne, surtout chez les personnes âgées.

La grippe : une maladie mortelle

La grippe

La grippe

En France, l’épidémie de 1969 – 1970 a été responsable de la mort de 18000 personnes en 2 mois dont 80 % concernait des sujets âgés de plus de 65 ans.

Assaad et coll. notent que 40 % des décès dus à la grippe atteignent des sujets dont plus de la moitié souffrait d’une affection préexistante surtout cardio-vasculaire.

Aux États-Unis, la grippe représente la cinquième cause de mortalité chez les personnes âgées de plus de 65 ans, avec un taux de décès de 148 pour 100000 cas.

La vaccination antigrippale

Du fait de sa diffusion et de sa gravité potentielle, la grippe doit justifier une prophylaxie dont la meilleure est actuellement la vaccination ; en effet, l’isolement est illusoire et la chimioprophylaxie est inefficace et inapplicable.

La connaissance précise, que nous avons actuellement des virus grippaux qui circulent dans le monde entier, permet la préparation d’un vaccin parfaitement adapté à la mutation du virus et au contexte épidémiologique en cours.

Une vaccination utile pour personnes âgées

Vaccination

Vaccination

La vaccination grippale trouve ses meilleures indications chez les personnes âgées qui courent plus de risques que d’autres, plus particulièrement ceux débités par

  • une affection broncho-pulmonaire chronique :
    • bronchite chronique
    • asthme
    • emphysème
  • des perturbations métaboliques préoccupantes telles que le diabète ; ou les personnes atteintes d’une insuffisance hépatique.

Entrent également dans cette catégorie certains cardiaques, à condition que la cardiopathie ne soit pas :

  • décompensée
  • les hémodialysés
  • les transplantés rénaux

Les différentes études publiées montrent l’aggravation des maladies rénales chroniques, lors des épidémies de grippe, avec risque important de complications mortelles et la parfaite tolérance de la vaccination grippale chez ces sujets ainsi que son efficacité avec cependant des résultats sérologiques moins favorables mais suffisants pour déterminer une protection antigrippale.

La vaccination antigrippale est recommandée dès l’automne, permettant ainsi à l’immunité de s’installer convenablement avant l’apparition de l’épidémie.

Elle ne comporte qu’une seule injection par voie sous-cutanée ou intramusculaire et doit être renouvelée tous les ans.

L’immunité est obtenue en 2 ou 3 semaines.

Les contre-indications sont exceptionnelles et se résument à l’allergie vraie aux oeufs et aux sujets présentant une affection aiguë au moment de la vaccination.

Cette vaccination peut être effectuée seule ou en association avec d’autre antigènes, particulièrement avec le vaccin tétanique en primo-vaccination ou lors du rappel.

Depuis 1970, nous avons régulièrement étudié les vaccins grippaux adaptés chez les sujets jeunes que chez ceux âgés de plus de 60 ans :

  • en fonction du virus et cause
  • en comparant l’efficacité sérologique et épidémiologique
  • la répétition des injections

Les résultats de ces travaux montrent que la vaccination grippale est bien tolérée.

Les réactions post-vaccinales, habituellement locales, exceptionnellement générales, sont peu importantes, de durée éphémère et ne dépassent pas 24 à 48 heures.

La vaccination grippale entraîne une protection spécifique contre le virus grippal et non vis-à-vis d’autres agents infectieux responsables de manifestations respiratoires dont le début clinique simule souvent une infection grippale.

Cette protection n’est pas théorique et à pu être démontrée lors des études épidémiologiques par la protection vaccinale dans une population vaccinée ou plurivaccinée par rapport à des sujets non vaccinés.

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