La variole avant et après la vaccination

Pour être convaincu de l’efficacité des vaccins, il suffit d’examiner le taux de morbidité et de mortalité de certaines maladies infectieuses avant et après vaccination.

C’est à travers l’histoire de la variole que l’on peut juger de l’efficacité des vaccinations.

La variole avant la vaccination

En 1707, la variole a fait en Islande 18000 victimes sur 50000 habitants, soit une mortalité de 36 % de la population totale.

Voltaire cite 20000 décès à Paris en 1720 et l’abbé Chappe 16000 morts à Naples en 1768.

Au cours des XVIII ème siècles, la variole était responsable de 5 à 10 % de la mortalité générale.

Maladie inconnue des Grecs et des Romains en 569, elle apparut lors du siège de la Mecque par les Abyssins qui semblent l’y avoir apportée.

La France et l’Italie furent atteintes dès 5700 et c’est Marius, évêque d’Avranches, qui individualise pour la première fois la maladie et lui donne le nom de variole.

En 582, une terrible épidémie ravage la Gaule et, en 640, la variole apparaît en Égypte, lors de la conquête de celle-ci par le Calife Omar et, de là, elle gagne le littoral de la Méditerranée avec les Sarrazins.

AARON d’Alexandrie fait, au VII ème siècles, une des premières ébauches de description de la maladie mais c’est à Rhazes que revient la première bonne description de la variole et, peu après, Avicennes affirme sa propagation par contagion.

Près de 1000 ans se sont écoulés entre l’apparition de la maladie en Gaule et sa survenue dans les pays germaniques en 1495.

Les Espagnols, en 1517, contaminent Saint-Domingue et l’Amérique Centrale et ce n’est qu’en 1721 que le navire britanique « Sea Horse » arrive à Boston et contamine le continent américain.

La variolisation

Le procédé d’inoculation de plus variolique était pratiqué depuis de longs siècles en :

  • Chines
  • Perse
  • Inde

Mais en Europe, un nom s’attache à la diffusion de ce procédé, celui de Lady Worthley-Montague, femme de l’Ambassadeur d’Angleterre à Constantinople.

La variolisation eut un tel succès en Angleterre que l’on ouvrit un hôpital spécialisé dans l’inoculation ; sur 1800 variolisés, il n’y a eut que 6 décès.

Cette méthode état très en vogue :

  • en Géorgie
  • en Circassie
  • en  Espagne et au Danemark en 1673
  • dans le duché de Clèves en 1712

En France, la variolisation a été formellement interdite. Cependant, Louis XVI entreprit de faire inoculer toute sa famille et Foucroy et Pelletier imposaient la variolisation à tous les boursiers du Prytanée.

La variolisation fut rapidement arrêtée par la vaccination, grâce à la découverte de Jenner en 1796.

La vaccination

Vaccin

Vaccin

Mais, lui aussi, avait eu des précurseurs et l’on sait que cette méthode avait déjà été utilisée en Chine et en Inde et que la première contamination volontaire est due à un Anglais, Benjamin Jesty en 1774, puis Plett en 1791.

En 1781, le pasteur Rabaut-Pommier de Montpellier a fait part à un médecin anglais, Pew, de l’efficacité et de l’innocuité de la vaccination, et certains prétendent qu’à partir de cette révélation Jenner aurait imaginé la vaccination.

En fait, trois noms s’attachent à la diffusion de la vaccination anti-variolique en France.

La philantrope La Rochefoucault-Liancourt émigré à Londres y connaît la vaccine. Rentré en France, il y propagea cette découverte et créa avec Thouret, doyen de la faculté, le Comité Central de Vaccination et le 7 février 1801, Frochot, préfet de Paris, créa un hospice spécial pour une étude approfondie de la nouvelle méthode par le Comité Central de Vaccine.

La réglementation de la vaccination fut établie par une décret du 16 mars 1890, mais à cette époque la vaccination se faisait exclusivement par transmission d’homme à homme.

En 1864, Ernest Chambon remplace la vaccination de bras à bras par vaccination à partir de la génisse, et des Instituts vaccinaux furent crées en Europe pour la culture du vaccin animal.

Malgré la diffusion rapide de la vaccination animale, quelques échecs subsistaient et des observateurs se rendirent bientôt compte que la protection due à la vaccination allait en diminuant ; l’on décida ainsi des vaccinations de rappel.

Ainsi, la vaccination jennerienne connut le plus grand succès, Les premiers pays à la rendre obligatoire furent la :

  • Norvège en 1810
  • Suède en 1815
  • Angleterre en 1867
  • Danemark en 1871
  • Allemagne en 1874
  • Serbie en 1879

En France, il faudra attendre la loi de 1902 pour que la vaccination jennerienne devienne obligatoire.

Cette loi a été modifiée en :

  • 1917
  • 1972
  • 1979
  • 1984

Pendant la guerre de 1870, sur 600000 soldats non vaccinés, 175000 contractèrent la variole avec 18000 décès.

Pendant la première guerre mondiale, sur les 8 millions de Français mobilisés vaccinés, on n’enregistra que 23 cas de variole avec un seul décès.

Depuis, la variole existait à l’état endémique dans le monde entier, mais son aire de distribution s’est de plus en plus rétrécie.

Dans la première moitié du siècle, grâce à la vaccination générale et à d’énergiques mesures de barrage, la variole été jugulée en Europe et en Amérique du Nord.

La menace perpétuelle de réintroduction de la maladie et les succès évidents obtenus ont amené la XI ème Assemblée Mondiale de la Santé à proposer, en 1966, d’entreprendre l’éradication mondiale de la variole ;  puis une autre résolution préconisant l’intensification du programme d’éradication fut mise en application au début de 1967.

La variole après la vaccination

En 1977, le mode d’action des vaccins de la variole avait déjà fait ses preuves et l’éradication de la variole était pratiquement totale dans le monde.

Le denier cas a été signalé en octobre 1977 par l’O.M.S. à Merqua en Somalie.

L’obligation de la vaccination antivariolique a été supprimée :

  • en Grande-Bretagne et aux États-Unis en 1971
  • aux Pays-Bas en 1975
  • en Suède et au Danemark en 1976
  • en Italie en juillet 1977
  • en France en 1984

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