Les néphropathies vaccinales

C’est en 1916 que NOBECOURT et PEYRE attirèrent l’attention sur la réaction du rein à la vaccination, en insistant sur l’anurie.

Mais ce n’est qu’en 1937 que MEERSSEMAN a donné une étude statistique en rapportant 13 cas de néphropathies après vaccination typhoparatyphoïdique chez 10 000 recrues.

Il évaluait leur fréquence à 1 ‰ environ et insistait sur leur extrême rareté et leur très grande bénignité.

Aspects cliniques

Les accidents rénaux de la vaccination revêtent une symptomatologie très variée.

L’étude de la littérature médicale nous a permis de relever, entre 1916 et 1984, 171 observations de néphropathies en relation avec une vaccination par les vaccines T.A.B., D.T.-T.A.B., variolique ou diphtérique.

Les observations de néphropathies avec d’autres vaccins restent exceptionnelles :

Accidents rénaux post-vaccinaux publiés entre 1916 et 1984
Vaccin utilisé Protéinurie Néphrite hématurique Anurie transitoire Syndrome néphrotique Non précisé Total
D.T.-T.A.B. 44 41 3 3 91
T.A.B. 5 5
T.A.B.-Choléra 1 1
Antidiphtérique 4 2 1 7
Antivariolique 3 2 5 10
D.T.Polio 1 1 1 3
Antipolio 1 1
Non précisé 53
Total 48 48 12 10 53 171

La symptomatologie clinique observée est :

  • soit une simple protéinurie, le plus souvent transitoire, parfois de type intermittente ou permanente
  • soit une néphrite aiguë hématurique, survenant dans les heures qui suivent l’injection vaccinale
  • et plus rarement, une anurie transitoire ou un syndrome néphrotique

Bernard et collègues distinguent 2 types de néphropathies vaccinales selon le délai d’apparition des accidents :

  • les néphropathies précoces
  • les néphropathies tardives

Les néphropathies précoces

Elles surviennent dès la première injection ; elles se caractérisent par leur début brutal, explosif.

Parfois, une lombalgie bilatérale marque le début de l’affection.

Des signes généraux peuvent être notés : température, frissons, céphalées, parfois un véritable état de choc.

Puis s’installe une hématurie franche totale, suivie d’une protéinurie s’accompagnant, dans certains cas, d’une hypertension artérielle.

L’évolution de ces néphropathies est, en général, bénigne.

Il n’y a aucune altération des fonctions rénales et l’évolution se fait vers la guérison totale en quelques jours. Cependant, dans certains cas, on a constaté la persistance d’une protéinurie ou d’une hématurie microscopique.

Les néphropathies tardives

Les néphropathies tardives s’opposent en tous points aux précédentes.

Leur début est silencieux et il est difficile dans ce cas de fixer le début de l’affection.

Le rôle déclenchant de la première injection est beaucoup moins net ; il semble donc qu’un contact répété avec l’antigène soit bien souvent nécessaire.

Le symptôme essentiel est une protéinurie ; il s’y associe souvent une hématurie microscopique et une hypertension artérielle. Elles sont plus graves que les néphropathies précoces.

Dans la moitié des cas persiste une séquelle rénale plus ou moins importante.

Alors que la néphrite précoce semble être le type de la néphrite vaccinale, la néphrite tardive, en raison de sa latence, de son éloignement relatif de l’acte vaccinal, paraît prêter à discussion.

Des facteurs intercurrents et notamment infectieux peuvent intervenir, coïncidant avec l’acte vaccinal.

Pathogénie

3 facteurs peuvent être responsables de la néphropathie vaccinale :

  • l’allergie
  • la lésion rénale préexistante
  • et la surinfection

Le rôle de l’allergie vaccinale a été mis en premier par SOHIER puis d’autres auteurs.

Les sujets atteints de néphrite vaccinale, dans l’étude de BERNARD et coll. ont tous présenté des réactions allergiques cutanées aux antigènes vaccinaux T.A.B. ou D.T.-T.A.B. ou diphtérique ou seul; injectés par voie intradermique.

Aucun sujet, dans cette étude, n’a présenté d’allergie à l’anatoxine tétanique.

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