Prophylaxie de l’hépatite B

Une prophylaxie passive peut être assurée par des injections régulières d’immunoglobulines spécifiques, ou à défaut polyvalentes, d’origine humaine.

La prophylaxie passive

De nombreuses études ont montré l’efficacité des gammaglobulines, à condition qu’elles soient administrées régulièrement à raison d’une injection de 55 U.I. de gamma spécifiques dans les deux mois ou de 13 mg/kg de gamma polyvalentes.

Immunoglobuline

Immunoglobuline

Les résultats incertains de l’immunoprophylaxie par les immunoglobulines ont incité les chercheurs à la mais au point d’un vaccin contre l’hépatite B.

Mais le problème majeur auquel se heurtait la production d’un vaccin était celui du contrôle de son innocuité. Les recherches étaient souvent entravées par la pénurie d’animaux, le chimpanzé étant le seul animal sensible au virus de l’hépatite B.

Des résultats encourageants ont été obtenus par Krugman dès 1971 en immunisant des enfants avec du sérum Ag HBs positif chauffé à 98° C pendant une minute.

L’échec de culture du virus de l’hépatite B a orienté les chercheurs à utiliser comme source d’antigène le sérum de porteurs chroniques de l’Ag HBs. Les méthodes de purification utilisées ont pour objet d’isoler l’Ag HBs en le débarrassant des protéines sériques contaminantes.

L’antigène HBs comprend trois protéines distinctes, produites par les gènes de l’enveloppe ; il s’agit d’une mosaïque d’épitopes ou sites antigéniques :

  • la protéines S comprend 226 AA ; elle constitue la première composante de l’enveloppe HBV, responsable de la production d’anticorps anti-HBs
  • la protéine M contient les séquences S et Pré-S2
  • la protéine L contient les séquences S + Pré-S2 et Pré-S1. C’est la protéine la plus longue.

La protéine Pré-S2 comporte un épitode immunodominant que l’on ne retrouve pas dans la protéine S. On a cru, jusqu’en 1984, que seules, les protéines S, jouaient un rôle dans l’acquisition de l’immunité.

Mais les travaux récents de Neurath ont montré l’intérêt des Pré-S et les fonctions biologiques différentes de celles-ci par rapport aux protéines S, en démontrant la haute immunogénicité des séquences Pré-S. Ce sont elles qui induisent la synthèse d’anticorps spécifiques.

La présence des Pré-S en même temps que le S augmente l’efficacité du vaccin.

Les anti-Pré-S jouent plusieurs rôles dans l’immunité et la protection vis-à-vis de l’infection :

  • ils neutralisent l’activité du virus HB, empêchant ainsi l’infection ; lors d’une infection suivie d’une guérison, les anti-Pré S2 apparaissent très tôt et sont marqueurs de la guérison complète
  • ils bloquent l’attachement du virus HB à la membrane des cellules hépatiques
  • ils se manifestent tôt après l’infection et leur taux décline rapidement, en même temps que l’anti-HBs
  • le vaccin Hévac B est le seul vaccin contenant les protéines Pré-S

Le vaccin préparé à partir de l’Ag HBs, actuellement disponible, a été mis au point par Maupas à l’Institut de Virologie de Tours dès 1975. Les essais cliniques effectués avec ce vaccin ont commencé dès 1975 dans les unités d’hémodialyse et, après plus de 5 ans d’évolution, il a été mis à la disposition des hôpitaux sous l’appellation d’Hévac B.

Le vaccin d’Hévac B

Vaccin Hévac B

Vaccin Hévac B

Ce vaccin possède trois caractéristiques :

  • il est préparé à partir du plasma humain
  • il est constitué uniquement d’antigènes d’enveloppe HBS à l’exclusion du virus complet de Dane
  • il est le seul vaccin contenant à la fois les deux sous-types ad et ay, déterminant une protection totale contre l’hépatite B ainsi que l’Ag S et Pré-S

Le sérum provient de porteurs sains de l’Ag HBs, c’est-à-dire ne présentant aucun signe clinique d’hépatite avec un taux normal de transaminases.

Le sérum contenant des virus complets ou de l’Ag HBe sont écartés. La purification poussée permet, par ailleurs, d’éliminer d’autres virus, les immuns complexes et les protéines sériques.

Depuis 1985, chaque donneur est testé vis-à-vis du VIH.

L’Ag HBs est en plus inactivé par le formol ; les sous-types majeurs de l’Ag HBs ad et ay sont associés dans la préparation. Ce vaccin est adjuvé sur hydroxyde d’aluminium.

Il ressort des différentes enquêtes publiées :

  • chez les sujets non malades : une séro-conversion anti-HBs positif est obtenue chez 95% des vaccinés après trois injections à un mois d’intervalle ; un rappel, effectué un an plus tard, augmente le pourcentage de séro-conversion à 98%, les rappels ultérieurs auront lieu tous les 5 ans
  • chez les sujets malades hémodialysés : seulement 58% répondent à la vaccination, après trois injections , une quatrième fait augmenter le score à 68%
  • chez les nouveau-nés de mères HBs positives, vaccinés avec l’Hévac B à 0,1 et 2 mois : 95 % d’entre eux développent des anticorps que le vaccin soit associé ou non aux immunoglobulines spécifiques
  • l’âge et le sexe des malades interviennent dans la qualité de la réponse immunitaire : la réponse en anticorps est faibles chez les sujets âgés de plus de 40 ans ; dans les études américaines, les hommes n’ont pas réagi aussi bien que les femmes ; cette différence apparaît également dans la cinétique de la réponse en anticorps anti-HBs qui est plus tardive chez les malades âgés de plus de 40 ans
  • l’association vaccination-immunoprophylaxie passive par les gammaglobulines n’entrave pas la réponse à la vaccination ; plusieurs études comparatives ont montré la compatibilité de cette association
  • l’association du vaccin hépatite B avec d’autres vaccins s’est révélés compatible
  • après 10 ans d’essais cliniques et l’injection d’au moins 8 millions de doses dans le monde, l’Hévac B a montré une efficacité et une innocuité totales ; les enquêtes menées en Suisse chez des adultes et à Taïwan chez des nouveau-nés ont prouvé la tolérance remarquable et l’effet protecteur de ce vaccin

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