Réactions indésirables à la vaccination : accidents neurologique

La crainte du médecin vaccinateur est surtout dominée par la survenue de complications graves, en particulier d’accidents neurologiques.

Le vaccin antivariolique était autrefois le plus souvent incriminé, mais depuis l’arrêt de cette vaccination, le vaccin le plus souvent mis en cause est le vaccin coquelucheux qui continue à donner lieu à de nombreuses études et publications, parfois contradictoires.

Vaccination

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Convulsions

Divers auteurs estiment que la fréquence des convulsions, après vaccination coquelucheuse, n’est pas supérieure à celle notée dans une population du même âge non vaccinée.

Cockburn estime la fréquence des convulsions hyperpyrétiques de 1 à 2 pour 100000 enfants par jour, chez les enfant âgée de 6 à 18 mois et l’O.M.S. évalue leur taux d’incidence mensuelle entre 0,8 et 1,4 pour 1000 enfants entre 6 et 18 mois.

Harker et coll. rapportent 3 % de risques de convulsions hyperpyrétiques chez les enfants âgés de moins de 5 ans jusque-là bien portants et, plus particulièrement, entre l’âge de 6 et 27 mois.

Ils ne notent, par ailleurs, aucune différence de l’incidence des convulsions dans les 8 jours suivant la vaccination par rapport aux témoins.

Taylor et coll., étudiant les morts subites du nourrisson dans les 28 jours suivant la vaccination, ne trouvent pas non plus de différence significative par rapport au groupe témoin.

D’autre part, il est difficile de faire la différence entre les convulsions hyperthermiques ou non qui surviennent après vaccination anticoquelucheuse et les chiffres rapportés sont disparates.

Le délai d’apparition des convulsions oscille entre 30 minutes et 3 jours après la vaccination.

Un pourcentage important de convulsion a été observé chez les enfants présentant des antécédents neurologiques, personnels ou familiaux.

L’incidence des convulsions après vaccination est estimée à environ 1 cas pour 10000 doses injectées, avec des différences d’une enquête à l’autre comme le montre le tableau 1.

Dans la majorité des cas, l’évolution se fait vers la guérison sans séquelle mais Griffith et coll., signalent dans leur étude, la survenue d’épilepsie.

Auteurs  Années Taux de convulsion
 M.R.C  1956 1/11000
 STROM  1967  1/6500
 EHRENGUT  1974  2/2200
 HANNICK et COHEN  1979  1/2750
 GRIFFITH  1978  1 – 3/100000
 KOPLAN  1979  1/1250
 CODY  1981  1/1750
 MILLER  1983  1/3500
 O.M.S  1984  0,6 – 8/100

Tableau 1 : fréquence des convulsions après vaccination coqueluche seule ou associée (Diphtérie, Tétanos, Coqueluche).

États de chocs

Des états de choc peuvent survenir après vaccinations coquelucheuse surtout chez les nourrissons âgés de 3 à 6 mois, 6 à 10 heures après la première injection.

Le début est brutal, marqué par une pâleur, parfois par une cyanose et une certaine agitation, disparaissant en quelques minutes sans laisser de séquelles.

Des antécédents allergiques personnels et familiaux sont notés dans environ la moitié des cas.

L’incidence de ces accidents est estimée, selon les auteurs, à environ 1 cas pour 10000 à 20000 vaccinations (tableau 2).

Auteurs Années Taux des états de choc
 HOPPER  1961 4/5100
 STRÖM  1967  1/6500
 HAIRE  1967  5/969
 HANNICK et COHEN  1979  4/11000
 CODY et coll.  1981  9/15752
 O.M.S  1984  0,5 – 30/100000

Tableau 2 : fréquence des états de choc après vaccination coqueluche seule ou associée.

Syndrome du cri persistant

Connu depuis la description initiale de Cockburn en 1958, le syndrome du cri ou hurlement persistant atteint, de même que les états de choc, les nourrissons âgés de 3 à 6 mois, 6 à 10 heures environ après la première injection.

La signification de ce syndrome reste mystérieuse.

Son incidence est évaluée, selon les auteurs, entre 0,5 et 6 pour 10000 vaccinations.

Mais Cody et coll., Miller et coll. notent dans leur études un taux de fréquence beaucoup plus important, s’élevant jusqu’à 3 % (tableau 3).

Auteurs Années Taux du cri persistant
 COCKBURN 1958  6/10000
 STRÖM 1967  0,5/10000
 HANNICK 1978  1/10000
 CODY 1981  0,7 – 3,1/100
 MILLER 1982  2,6/100

Tableau 3 : taux du syndrome du cri persistant rapporté.

Encéphalopathie

Ce sont surtout les encéphalopathies qui sont les plus redoutée par le médecin vaccinateur.

Là aussi, ce sont de jeunes nourrissons, âgés de 2 à 6 mois, qui sont les plus touchés : les troubles surviennent de quelques heures à 2 – 3 jours après vaccination.

La symptomatologie est très variée, pouvant associer des troubles convulsifs et sensoriels, dont 3 % gardent des séquelles importantes.

L’incidence des encéphalopathie après vaccination coquelucheuse est différemment appréciée et varie, selon les auteurs, entre 0,001 et 0,01 pour 1000, soit une encéphalopathie pour 1 million de vaccinations coquelucheuses.

L’O.M.S. donne un taux de fréquence des encéphalopathies qui varie entre 0,09 et 4 %, y compris les crises épileptiques, les signes neurologiques localisés, le coma et le syndrome de Reye (tableau 4).

Auteurs Années Taux des encéphalopathies après vaccination coquelucheuse
 STRÖM  1967 1/170000
 DICK  1974  1 – 2/10000
 HANNICK  1978  1/500000
 GRIFFITH  1978  1 – 1,24/1000000
 STEWART  1979  1/6500
 MILLER  1982  1/110000
 O.M.S.  1984  0,09 – 4/100

Tableau 4 : fréquence des encéphalopathies après vaccination coquelucheuse seule ou associée.

Accidents mortels

Les accidents mortels après vaccination anticoquelucheuse surviennent habituellement après l’évolution plus ou moins longue d’accidents neurologiques graves ; leur incidence n’est pas connue.

Strom rapporte 3 décès pour 215000 enfants vaccinés et Aicardi et Chevrie notent 1 décès sur 25 cas d’accidents neurologiques.

Mallet et Labrune chiffrent le risque à 1 sur 5 millions de vaccinations.

Les facteurs responsables des accidents mortels ne sont pas connus mais divers auteurs incriminent le facteur sensibilisant à l’histamine dû au bacille de Borget-Gengou.

Hypsarythmies

De rares cas d’hypsarythmies ont été attribués à la vaccination anticoquelucheuse, sans preuve formelle d’une relation de cause à effet.

Bellman émet l’hypothèse de l’existence d’un terrain particulier favorisant l’apparition de l’hypsarythmie ; le vaccin coquelucheux ne joue qu’un rôle déclenchant chez des enfants déjà destinés à développer la maladie.

Le tableau 5 montre le taux des réactions indésirables consécutives au mode d’action du vaccin triple D.T.C., attribué à la composante coquelucheuse en comparaison avec les complications naturelles dues à la maladie.

Réactions indésirables Taux de complications pour 100000 coqueluches Réaction adverses pour 100000 vaccinations
 Lésion cérébrale permanente  600 – 2000 (0,6 % – 2 %)  0,2 – 0,6
 Encéphalopathies encéphalites  90 – 4000 (0,09 % – 4 %)  0,1 – 3,0
Convulsions  600 – 8000 (0,6 % – 8 %)  0,3 – 90
 Choc  ?  0,5 – 30
 Décès  100-4000 (0,1 % – 4 %)  0,2

Tableau 5 : taux des réactions indésirables consécutives à la vaccination triple D.T.C. comparé aux complications de la coqueluche.

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