Réponses à quelques questions sur la vaccination

Nous allons répondre de quelques questions fréquentes concernant la vaccination.

Peut-on administrer plusieurs vaccin en même temps ?

L’administration simultanée de vaccin triple rougeole, oreillons, rubéole et de vaccin antipoliomyélitique oral a déterminé une séro-conversion et des effets secondaires analogues à ceux observés quand les vaccins sont administrés séparément.

L’administration simultanée de D.T. Coq ou de Tétracoq et de vaccin rougeoleux a révélé une réponse immunitaire satisfaisante, sans majoration des réactions post-vaccinales.

Il est possible aussi de vacciner sans délai les jeunes enfants entre 15 et 18 mois et au-delà ou hors d’un rappel, en administrant simultanément, si nécessaire, le R.O.R., le vaccin quadruple ou triple.

Quelles sont les contre-indications et les indications des vaccinations internationales chez la femme enceinte ?

Ni le règlement sanitaire international, ni les règlements nationaux en général ne précisent les contre-indications aux vaccinations. Ces contre-indications sont laissées à l’appréciation des médecins.

Un médecin, s’il le juge nécessaire, peut faire un certificat de contre-indication sur papier libre, écrit dans la langue du pays de destination, précisant les raisons de la contre-indication.

Mais ce certificat n’a aucune valeur légale et les autorités sanitaires de destination peuvent ne pas l’accepter et vacciner d’office.

En cas de refus, une surveillance éventuelle ou un isolement en quarantaine peut être imposé.

Peut-on administrer un vaccin vivant chez des enfants ayant reçu une faible dose de corticoïdes ?

Il faut être prudent lors de l’administration de tels vaccins. En fait, aucune étude n’établit une relation de cause à effet entre la dose administrée de corticoïdes et la survenue d’incidents post-vaccinaux par vaccin vivant atténué.

Il est cependant admis qu’une administration discontinue de courte durée, tous les deux jours par exemple, d’une faible dose d 20 à 50 mg de Prednisone ne détermine pas une immuno-dépression ; dans ce cas l’administration d’un vaccin vivant atténué, à défaut d’un vaccin inactivé, peut être utilisé sans risque.

A signaler que l’administration de corticoïdes par aérosol ou par application cutanée, ainsi que la corticothérapie substitutive des insuffisants surrénaliens, ne constituent pas une contre-indication à la vaccination par vaccin vivant.

Quel est l’intérêt de vacciner aussi bien les garçons que les filles avec un vaccin associé rougeole-rubéole dès l’âge de 12 mois ?

La vaccination systématique des petits enfants des deux sexes, entre 12 et 18 mois, contre la rougeole et la rubéole permet de diminuer la morbidité de la rougeole et ses complications ainsi que la suppression de l’endémie et des épidémies de rubéole qui menacent les femmes enceintes séro-négatives.

La diminution de circulation du virus sauvage détermine, par ailleurs, une protection indirecte des femmes enceintes réceptives séro-négatives.

Quelle attitude doit-on adopter lors de la survenue d’un accident après une injection vaccinale pour la poursuite de la vaccination ?

Si une réaction importante survient après l’une des injections d’un vaccin associé nécessitant plusieurs doser telle que :

  • hyperthermie supérieure à 39° persistant plus de 24 heures
  • réaction anaphylactique
  • manifestation neurologique
  • état de choc
  • collapsus

Il est conseillé de ne pas poursuivre la vaccination anticoquelucheuse.

Il est recommandé, dans ce cas, de continuer l’immunisation avec les seules composantes diphtérique-tétanique-poliomyélitique. La vaccination coquelucheuse sera faite à part, à dose progressive.

Par ailleurs, une réaction locale ou une réaction fébrile légère ne doit pas modifier le rythme des injections.

Un enfant qui a été vacciné contre la rubéole peut-il contaminer sa mère en cours de grossesse ; le vaccin est-il contagieux ?

Vaccination

Vaccination

Comme la plupart des virus atténués, le virus vaccinal a perdu le pouvoir de diffusion que possède le virus sauvage. Toutes les études effectuées n’ont jamais mis en évidence une contamination vaccinale, clinique ou sérologique dans l’entourage d’un enfant ayant reçu une vaccination rubéolique.

Peut-on vacciner un enfant atteint d’eczéma ?

L’eczéma ne constitue pas une contre-indication à la vaccination sauf pour la vaccination antivariolique, non pas à cause du risque allergique mais du fait que la diffusion du virus vaccinal et de la survenue d’une vaccine généralisée ; cette contre-indication ne se pose plus du fait de la suppression totale de la vaccination antivariolique.

En ce qui concerne le B.C.G. on peut faire cette vaccination en dehors des poussées.

Peut-on vacciner sans risque contre la poliomyélite les sujets atteints de séquelles d’une poliomyélite paralytique antérieure ?

Il n’y a aucun risque réel à vacciner les sujets atteints de séquelles de poliomyélite. Dans ce cas, on donne la préférence au vaccin inactivé injectable.

Peut-on faire un rappel avec un vaccin poliomyélitique inactivé chez un enfant ayant eu une primo-vaccination par voie buccale et vice versa ?

Le vaccin inactivé détermine une immunité purement humorale certifiée par l’augmentation des anticorps IgM puis IgG puis neutralisent le passage du virus poliomyélitique vers le système nerveux, tandis que le vaccin buccal détermine une double immunité :

  • une immunité tissulaire qui se développe au niveau des sites de multiplication du virus par stimulation des IgA sécrétoires
  • une immunité humorale avec formation d’anticorps circulants

Il n’y a donc aucun inconvénient à passer d’un vaccin à l’autre. En cas de primo-vaccination par vaccin buccal, on peut continuer la vaccination sans en changer le rythme, aussi bien avec du vaccin inactivé qu’avec un vaccin vivant.

Il n’en est pas de même si l’on commence par le vaccin injectable ; dans ce cas, il serait raisonnable d’administrer deux rappels de vaccin buccal à six semaines d’intervalle, afin d’assurer une immunités intestinale locale.

Existe-t-il un inconvénient à vacciner contre la rougeole, la rubéole ou les oreillons un enfant ayant déjà contracté ces maladies ou ayant été vacciné ?

Dans les deux cas, la vaccination sera inefficace, le virus vaccin étant neutralisé très rapidement par les anticorps circulants ; il n’y aura aucune réaction particulière et le médecin n’a rien à craindre de ce geste qui, tout au plus, aura été inutile.

S’il y a un cas de rougeole, de rubéole ou d’oreillons dans une famille ou une collectivité, peut-on vacciner les autres enfants réceptifs avec succès ?

Si l’on vaccine dans les 2 – 3 jours qui suivent le contage, la vaccino-prophylaxie peut être efficace. Au-delà de ce délai, il peut y avoir échec et, dans ce cas, il faut donner la préférence aux gammaglobulines, surtout chez les enfants âgés entre 6 et 12 mois ou débilités par une maladies chronique.

Peut-on vacciner en période épidémique ?

A l’occasion d’une menace d’épidémie au sein d’une collectivité, on peut effectuer d’urgence une vaccination de masse, afin de constituer rapidement une immunité collective capable d’interrompre la transmission de la maladie en cours.

Les risques d’épidémie qui peuvent justifier une vaccination de masse sont :

  • la poliomyélite
  • la grippe
  • la méningite à méningo A+C
  • la rougeole
  • la fièvre jaune
  • le choléra et la typhoïde

Faut-il recommencer la vaccination chez un enfant ayant reçu seulement deux injections d’un vaccin quadruple D.T.C.P. au cours de la première année ?

Non. Lorsqu’un retard intervient dans la réalisation d’un calendrier de vaccination, il n’est pas nécessaire de recommencer la vaccination mais il faut la reprendre au stade où elle a été interrompue et la compléter en réalisant le nombre d’injections requis en fonction le l’âge.

Peut-on vacciner un enfant atteint de lupus érythémateux ?

Il n’y a aucun risque à vacciner les personnes atteintes de lupus érythémateux avec un vaccin tué ou polysaccharidique, mais il est prudent de ne pas administrer des vaccins vivants , particulièrement en cas de traitement anti-inflammatoire ou traitement immuno-dépresseur.

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