Vaccination contre les entérobactéries : le choléra

Le choléra représente l’une des maladies infectieuses les plus répandues. 48507 cas ont été rapportés en 1987 et 44120 en 1988 dont 23223 cas en Afrique et 20872 en Asie.

Depuis, 1973, l’O.M.S. ne recommande plus la vaccination anticholérique à l’entrée dans les territoires où le choléra sévit à l’état endémique, en raison de l’inefficacité du vaccin à combattre la diffusion de la maladie.

Le choléra

Le choléra

Les vaccins généralement utilisés sont des vaccins tués par la chaleur ou le phénol, dépourvus d’antigène toxinique.

Le développement de la toxine cholérique et de son mécanisme d’action a ouvert de nouvelles perspectives en matière de vaccination cholérique par voie orale.

Il est admis actuellement que chaque molécule de toxine est constituée d’une sous-unité A active et de 5 sous-unités B non pathogènes ; ce sont ces dernières qui induisent l’immunité locale après infection cholérique, d’où l’intérêt de ces sous-unités dans la préparation d’un vaccin.

On s’efforce actuellement de mettre au point un vaccin anticholérique en appliquant deux approches différentes, comportant l’une et l’autre, une vaccination par voie buccale.

La première approche

La première approche, concerne un vaccin composé de bactéries entières inactivées associées à des antigènes apparentés à la toxine B purifiée, non toxique dite procholéragénoïde.

Elle détermine une réponse immunitaire, aussi bien Bangadesh avec 63000 enfants âgés de 2 à 15 ans et de jeunes adultes, ce vaccin s’est révélé protecteur dans 85% des cas dans les 6 mois après vaccination contre 58% avec un vaccin WCV composé uniquement de bactéries entières inactivées ; mais cette différence a disparu au cours de la deuxième années suivant la vaccination.

Vaccin

Vaccin

On note, cependant, une réduction du nombre d’hospitalisations pour déshydratation sévère ou fatale, qui est passé de 52% pour ceux vaccinés avec le WCV/B contre 67% pour le groupe ayant reçu le WCV.

Il s’est révélé, par ailleurs, que ce vaccin bivalent protège à la fois contre le choléra et contre la diarrhée à E. coli entérotoxinogènes dans au moins 37% des cas.

La deuxième approche

La deuxième approche tend à mettre au point des vaccins préparés à partir de mutants avirulents de V. cholerae 01. Un certain nombre de mutants ont été obtenus par des méthodes de recombinaison génétique de l’ADN, visant à obtenir la délétion des gènes régissant la production de toxines ou d’une partie d’entre eux.

Par les souches utilisées, une mutant A-B+ de la souches INABA a été mis au point aux États-Unis et une souche hybride Ty 21a-V. cholerae a été développée en Australie.

Les souches non toxinogènes ainsi obtenues se sont révélées efficaces ; elles ont déterminé une protection contre l’infection chez des volontaires mais ont entraîné, dans certains cas, une diarrhée aiguë. Des études sont actuellement en cours pour déterminer le mécanisme de la diarrhée provoquée par ces mutants non toxinogènes.

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