Vaccination contre les entérobactéries : shigellose et E. coli

La dysenterie et les diarrhées dues aux shigelles constituent un problème de santé publique majeur dans les pays en développement.

Shigelloses

Shigelloses

Shigelloses

La morbidité et l’importance de la mortalité dues aux shigelloses, lors d’épidémies graves, ainsi que la résistance de certaines souches aux antibiotiques et l’efficacité limitée des mesures actuelles de lutte contre l’infection ont stimulé les recherches pour mettre au point des vaccins efficaces.

Les nombreuses tentatives faites entre 1940 et 1970 n’ont pas permis d’élaborer des vaccins à la fois :

  • efficaces
  • inoffensifs
  • faciles à administrer

Ces dernières années, cependant, grâce au génie génétique, on a pu analyser les déterminants importants de la pathogénicité et de l’immunogénicité bactériennes, facilitant ainsi la mise au point de souches bactériennes, facilitant ainsi la mise au point de souches bactériennes définies, qui se prêtent à la production de vaccins oraux contre les shigelloses.

Les vaccins antishigelloses buccaux peuvent se répartir en quatre grandes catégories :

  • des mutants atténués de shigelle : Istrati T32 en mutants streptomycino-dépendant SmD de divers sérotypes de S. flexneri et S.sonei ; ces vaccins conféraient une protection variable d’une étude à l’autre et avaient pour inconvénient majeur de nécessiter des doses élevées multiples et des rappels fréquents
  • des hybrides mutants dépourvus de pouvoir invasif, codant la production de lipopolyoside, soit de S. flexneri 2a, soit de S dysenteriae 1, ont été mis au point par transfert à des shigelles pathogènes des segments chromosomiques spécifiques dans E. coli K12 ; le transfert de ces segments aboutit à une série de dérivés hybrides dépourvus de pourvoir invasif et de toxicité, protégeant le signe contre la shigellose expérimentale ; aucun essai sur le terrain n’a été entrepris pour étudier l’efficacité de ces souches
  • des souches de E. coli 08, contenant des gènes codant pour les antigènes somatiques et spécifiques de groupes de S. flexneri 2a ou de S. dysenteria type 1 ont été expérimentées comme vaccins ; lors des essais effectués sur des volontaires adultes dans des études d’exposition expérimentale, les résultats obtenus se sont révélés négatifs
  • d’autres bactéries porteuses qui expriment les antigènes de shigelle ont été utilisées comme vaccin , les plasmides codant la production d’un antigène de shigelle sont intégrés dans des souches atténuées porteuses, telles que la souches Ty 21a de vaccin typhoïde, pour donner des vaccins hybrides buccaux ; ces souches confèrent à la fois une protection contre la fièvre typhoïde et les shigelloses ; elles apparaissent d’une efficacité variable en fonction des lots utilisés

L’Escherichia coli

E. coli

E. coli

Trois types de E. coli jouent un rôle important dans l’étiologie des diarrhées aiguës

  • E. coli entérotoxinogène
  • entéropathogène
  • entéroenvahissant

Les E; coli entérotoxinognes synthétisent deux entérotoxines :

  • l’une est thermolabile, apparentée immunologiquement à la toxine cholérique
  • l’autre est thermostable non immunogène

Par ailleurs, il a été mis en évidence, dans les souches ETEC, l’existence de facteurs de colonisation, liés à la présence à leur surface de pili de nature protéique.

Des vaccins préparés, soit à partir d’E. coli tués présentant divers CFA à leur surface, soit à partir d’hybrides qui synthétisent des sous-unités B de LT-ST ou à partir de mutant d’E. coli secrétant une forme chimérique de ST, se révèlent immunogènes, par voie buccale, lors d’études expérimentales chez l’animal mais se sont montrés plus ou moins efficaces sur les volontaires adultes, en fonction de l’étude.

D’autres méthodes ont permis la mise au point de vaccins vivants atténués buccaux : elles utilisent des techniques de recombinaison de l’ADN, telles que  :

  • le clonage des gènes codant des CFA connus dans E.coli non pathogène
  • la production de souches secrétant seulement les sous-unités B de LT
  • l’insertion dans les souches Ty 21a des gènes codant la sous-unité B de LT et les antigènes CFA

Plusieurs vaccins contre les entérobactéries sont disponibles ou en cours d’études. Certains d’entre eux se sont révélés efficaces et sans risque chez l’animal tandis que d’autres ont montré leur efficacité chez l’homme.

Avant la généralisation de cas vaccins, il est primordial d’évaluer, par des essais contrôlés :

  • leur mode d’administration
  • leur efficacité
  • leur innocuité
  • la durée de l’immunité post-vaccinale et le rythme des rappels

Par ailleurs, il est important de définir leur association avec d’autres vaccins et leur incorporation dans un programme national de vaccination ou dans le cadre de P.E.V.

 

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