Vaccination contre les entérobactéries : la fièvre typhoïde

L’utilisation des vaccins par voie orale prend une place sans cesse croissante, en raison de l’accumulation des données sur le rôle de l’intestin dans l’immunité.

Ainsi, toute une série de mécanismes pathogènes peuvent intervenir dans le cas des maladies intestinales d’origine bactérienne, depuis la production de toxines jusqu’à l’invasion microbienne.

D’autres facteurs, étudiés de façon occasionnelle et superficielle, interviennent dans le degré de résistance de l’organisme, dépendant essentiellement de :

  • l’âge
  • l’alimentation
  • l’état physiologique du sujet

Certains facteurs ayant un rôle antibactérien ont été étudiés. Il interviennent dans le tube digestif ; il s’agit essentiellement de l’acidité gastrique, de la barrière physique constituée par le mucus recouvrant l’épithélium intestinal, de substances enzymatiques tels que les lysozymes et d’autres dont le rôle éventuel dans les mécanismes de défense n’est pas fixé mais ont été isolés à partir du suc gastrique et du suc intestinal.

L’efficacité des vaccins

Vaccin

Vaccin

Différents problèmes restent encore à préciser, quant à l’utilisation d’un vaccin. Malgré les résultats encourageants obtenus de nos jours, plusieurs facteurs restent encore à déterminer :

  • la dose efficace
  • la forme d’administration
  • le rythme des vaccinations ainsi que des revaccinations
  • la mesure de l’immunité locale

Les succès de la vaccination antipoliomyélitique ont remplacé le problème de l’immunisation par voie orale contre les maladies intestinales bactériennes importantes y compris le typhoïde.

Il est important de souligner qu’aucun des vaccins injectables contre les infections à entérobactéries n’est pleinement satisfaisant ; leur efficacité est incertaine et l’immunité qu’ils provoquent est généralement insuffisante et de courte durée.

Pour cette immunisation, la préférence a été donnée aux vaccins entiers tués administrés par voie orale, en raison de :

  • la simplicité de leur préparation
  • la facilité de leur administration
  • l’absence de risques liés à leur emploi
  • l’absence de réactions secondaires post-vaccinales

Plusieurs vaccins vivants ont été mis au point : ils sont faciles à administrer mais nécessitent plusieurs doses, ce qui complique le schéma de vaccination. Certains d’entre eux sont préparés à partir de mutants avirulents ou à partir de souches hybrides.

Un vaccin contre la fièvre typhoïde préparé en Suisse

Le vaccin contre la fièvre typhoïde, récemment développé en Suisse par Germanier, est un vaccin vivant efficace par voie buccale. La souche utilisée pour la préparation de ce vaccin est la souche Ty 21aj, totalement débarrassée de son activité pathogène par modifications irréversibles de la biosynthèse de la paroi cellulaire, mais ayant conservé son activité antigénique. L’efficacité de ce vaccin est liée à sa forme galénique et au nombre de doses administrées.

Les études effectuées en Égypte ont montré l’innocuité totale de ce vaccin et son effet protecteur dans 96% des cas pendant au moins 3 ans, après prise orale de 3 doses sous forme liquide avec du bicarbonate de soude.

Au chili par contre, le vaccin lyophilisé administré dans les capsules de gélatine ne s’est révélé efficace que dans 23 à 40% des cas, même après 3 doses.

De meilleurs résultats, avec une efficacité de 70 à 80%, ont été obtenus lorsque le vaccin étaient administré dans des capsules à enrobage entérique avec un effet protecteur de 50% pendant 3 ans.

Un autre vaccin contre la fièvre typhoïde

Un autre vaccin typhoïdique, récemment disponible en France, préparé à partir de l’antigène Vi, extrait de la capsule de Salmonella typhi a été mis au point par l’Institut Mérieux.

L’administration, par voie parentérale d’une seule dose contenant 25 mcg de polysaccharide Vi, a montré, après un an de surveillance, 73% d’effet protecteur chez les vaccinés entre 5 et 44 ans au Népal et 64% après 21 mois de surveillance chez les enfants âgés de 5 à 15 ans en Afrique du Sud.

Dans les deux études, le vaccin était très bien toléré. Des réactions secondaires locales au point d’injection, à type de rougeur ou d’induration, ont été observées dans 10% des cas et, chez moins de 1% des vaccinés, une hyperthermie supérieure à 38°C.

D’autres vaccins typhoïde sont en cours d’études. Aux États-Unis, un vaccin préparé à partir d’un mutant génétiquement bien défini, Aroprur de Salmonella typhi, s’est révélé d’une innocuité totale mais de faible efficacité sérologique.

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