Vaccination contre l’infection cytomégalique

Isolé en 1965 par Rowe, le cytomégalovirus à spécificité strictement humaine a des propriétés communes avec le virus herpétique et le virus de la varicelle-zona.

L’infection cytomégalique constitue l’une des principales causes des malformations congénitales post-virales pouvant être classées dans le groupe des virus herpès.

Diverses études sérologiques, sur des séries de nouveau-nés, montrent qu’environ 1 à 2% des nourrissons vivants viennent au monde avec une infection active attestée par une virémie à la naissance.

  • en Angleterre, le C.M.V. est responsable, chaque année, de 200 à 600 arriérations mentales et
  • aux États-Unis, Hanshaw estime la fréquence de la maladie à 4000 cas, soit 1% des 3 millions de naissances annuelles

La maladie C.M.V.

Virus cytomégalique

Virus cytomégalique

La maladie, si elle n’est pas mortelle, détermine des séquelles importantes.

Cliniquement, l’infection congénitale par le C.M.V est souvent inapparente pendant la période néo-natale. Cependant, les deux formes de la maladie, aussi bien aiguë 5 à 10% qu’infraclinique 90 à 95%, déterminent des séquelles importantes :

  • avec déficit auditif
  • atteintes osseuses avec ou sans retard mental

Mais les études épidémiologiques ont surtout montré l’importance des facteurs socio-économiques et des facteurs ethniques.

Dès que le niveau social et les conditions d’hygiène s’améliorent, la fréquence des mères porteuses de virus et la fréquence des transmissions diminuent très fortement;

Des études sérologiques ont révélé que 80% des sujets âgés de plus de 35 ans, aussi bien en France qu’aux États-Unis, sont immunisés mais seulement un tiers d’entre eux le sont entre 25 et 35 ans.

Les modalités de contamination sont variables. La primo-infection du nouveau-né peut se faire selon trois mécanismes :

  • soit par passage transplacentaire lors d’une primo-infection pendant la grossesse
  • soit par inhalation de sécrétions vaginales infectantes lors de l’accouchement
  • soit enfin par salive ou l’allaitement maternel

Une transfusion sanguine ou une transplantation d’organes cardiaque ou rénale peuvent être un mode de contamination. Le virus contenu dans les globules blancs est transmis par l’administration de sang frais de donneurs bien portants C.M.V. positifs.

L’infection à C.M.V. chez les sujets atteints de déficit immunitaire au cours d’hémopathies, d’affections malignes ou bien d’une chimiothérapie immunodépressive, détermine soit une infection latente, soit un syndrome monocléosique avec parfois :

  • myocardite
  • éruption
  • chorioretinite

La pathogénie complexe de cette infection à C.M.V. pourrait correspondre à une réactivation d’un virus endogène latent chez un immunodéprimé.

Ces mêmes constatations sont souvent faites chez les transplantés rénaux ou cardiaques, par réactivation ou par infection exogène due à l’organe greffé.

C’est en 1975 que HO et coll ont attiré l’attention sur l’infection cytomégalique au cours des greffes rénales, avec une fréquence élevée chez les receveurs séro-négatifs de donneurs séro-positifs.

Les premières observations de HO ont été confirmée par Spencer et coll. puis par Melnick et Plotkin qui notent, dans une étude prospective, une infection cytomégalique chez 83% des sujets transplantés séro-négatifs après greffes rénales de donneurs séro-positifs.

Vaccin C.M.V.

Vaccin

Vaccin

en 1974, en Angleterre, Elek et Stern ont mis au point un vaccin vivant atténué, souche AD 169, obtenu sur culture de tissu.

L’injection de ce vaccin chez des volontaires, par voie sous-cutanée, a déterminé l’apparition d’anticorps neutralisants et fixant le complément.

Aucune excrétion virale, ni dans les urines ni dans la gorge, n’a été notée après vaccination.

Ces acteurs préconisent l’emploi de ce vaccin chez les fillettes séro-négatives, afin de réduire l’incidence de la maladie chez la femme enceinte ainsi que le taux d’infection néo-natale.

Un vaccin vivant atténué, souche Towne, cultivé sur celleles diploïdes humaines, développé par Plotkin a été administré à 150 volontaires par voie sous-cutanée, avec séro-conversion chez tous les vaccinés. La voie intranasale s’est révélée totalement inefficace.

Aucune réaction post-vaccinale générale systématique n’a été notée, malgré une surveillance médicale, hématologique et biochimique.

Quelques réactions locales mineurs, à type de rougeur locale ou d’induration, ont été observées 5 à 14 jours après vaccination chez les sujets séro-négatifs.

L’étude de l’immunité cellulaire post-vaccinale s’est révélée positive. Aucun virus vaccinal n’a été isolé à partir des urines, de la salive, du sang ou des sécrétions vaginales.

L’étude de Glazer, effectuée chez des transplantés rénaux, a montré, malgré une séro-conversion chez tous les vaccinés, un taux d’anticorps plus faible par rapport aux témoins normaux.

Malgré les résultats favorables rapportés par Plotkin et coll. il est encore prématuré de définir les indications du vaccin. iIl peut être envisagé chez la femme en âge de procréer séro-négative ainsi que chez les transplantés.

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