Vaccination contre les maladies vénériennes

Peut-être disposerons-nous prochainement de vaccins efficace contre trois maladies vénériennes :

  • la syphilis
  • la gonococcie
  • le SIDA
Vaccin

Vaccin

Syphilis

En ce qui concerne la syphilis, un essai de vaccination a été réalisé par Jones chez le lapin avec succès, en utilisant des tréponèmes tués par le glutaraldehyde seul ou avec différents adjuvants.

Miller a pu modifier la souche Nichols de tréponèmes sous l’action des rayons gamma ; lors de son étude, il a obtenu des résultats favorables chez les lapins.

Mais en l’absence de culture de tréponèmes, la vaccination ne peut s’adresser actuellement qu’à des animaux de laboratoire ou à un groupe restreint de volontaires.

Gonococcie

Des essais cliniques ont été réalisés par Greenberg afin de colliger des renseignements quant à :

  • l’innocuité
  • l’antigénicité
  • l’efficacité d’un vaccin gonococcique

La première étude réalisée à Ottawa a permis de révéler l’innocuité et l’antigénicité d’un vaccin chez l’homme constitué d’un autolysat de gonoccoque ; une deuxième étude faite dans le village d’Inuvick, chez 62 volontaires, n’a pas donné de résultats concluants.

En effet, la blennorragie est apparue par la suite chez :

  • 10 sujets vaccinés, soit 30% des 33 personnes immunisées avec un vaccin partiellement autolysé
  • 7, soit 24% des 29 personnes à qui ont avait injecté un placebo, se sont infectées

Pour la mise au point d’un vaccin, il est envisagé actuellement l’utilisation des trois constituants cellulaires :

  • les Pili
  • les protéines de la membrane externe
  • les lipopolyosides

Bien que des anticorps antipili soient produits au cours de l’infection, qui sont capables d’inhiber le fixation des gonocoques à la culture cellulaire utilisée, l’O.M.S. estime douteux qu’ils puissent être utilisés comme vaccins ; mais les vaccins antipili auront l’avantage non seulement de déterminer des anticorps vis-à-vis des pili mais encore de prévenir l’adhérence des gonocoques aux cellules épithéliales, réduisant ainsi les porteurs sains.

Des études sont actuellement en cours afin de déterminer les possibilités antigéniques des protéines de membrane et leur effet immunogène.

Les lipopolyosides des colonies type 1 et des souches de type 4 de gonocoques induisent une protection chez la souris et les embryons de poulet.

Vaccination contre le SIDA

Sida

Sida

L’extrême variabilité du VIH constitue une difficulté majeure dans le développement d’un vaccin contre le SIDA, la production d’un vaccin dirigé contre une seule souche peut, en effet, ne pas protéger contre d’autres souches.

Deux facteurs essentiels sont à prendre en compte pour la future mise au point d’un vaccin :

  • une innocuité total chez les sujets vaccinées
  • une production à grande échelle, afin de bénéficier d’une application aussi large que possible

Il n’existe pas actuellement de modèle animal permettant de tester l’efficacité et l’innocuité du vaccin avant son application chez l’homme.

La réplication du virus humain chez les chimpanzé, seul animal sensible, entraîne une infection inapparente avec apparition d’anticorps.

Un vaccin, préparé à partir d’un virus entier inactivé à la chaleur, a entraîné l’apparition d’anticorps chez les singes vaccinés, avec une activité neutralisante du virus in vitro ; ces anticorps n’ont cependant pas la capacité de protéger conter l’infection par le VIH.

Une nouvelle approche a été réalisée, ces deux dernières années, avec la préparation d’un vaccin par recombinaison génétique utilisant, comme vecteur d’expression, le virus de la vaccine ou les adénovirus.

Les gènes codant pour la protéine d’enveloppe ou ses deux sous-unités, la protéine externe et la protéine transmembranaire ont été recombinés avec l’ADN du virus de la vaccine.

Les essais effectués avec ce vaccin recombinant, ont induit, chez les animaux de laboratoires, l’apparition d’anticorps non protecteurs.

D’autres vaccins idiotypiques ou synthétiques ont été mis au point. Les essais préliminaires effectués avec ces vaccins chez l’animal sont restés sans succès.

Il est donc trop tôt pour donner un délai de mise au point d’un vaccin anti-VIH malgré l’utilisation, en Afrique, d’un vaccin chez l’homme. Il faudra en fait, de nombreuses années avant de pouvoir statuer sur son efficacité et sur son application à grande échelle.

Ajouter un commentaire