Vaccination contre le paludisme et autres vaccins

La lutte contre le paludisme dans le monde est loin d’être satisfaisante. D’après l’O.M.S., dans le seul continent africain il se produit chaque année 100 à 150 millions de cas, dont un million de décès frappant des jeunes enfants en Afrique tropicale.

Les recherches concernant le paludisme sont devenues plus systématiques au cours de ces dernières années.

Des progrès importants ont été réalisés dans la connaissance de l’immunologie du paludisme et le mécanisme de l’immunité humorale après infection a été élucidé par la mise au point de plusieurs réactions sérologiques.

Dans le paludisme, la principale réponse immunitaire est suscitée par les stades érythrocytaires de l’infection du parasite et l’immunité humorale constitue un élément important de la résistance acquise contre le paludisme.

Anophèle femelle

Anophèle femelle

Chez l’homme, elle s’accompagne d’une augmentation considérable des concentrations et des taux de synthèse des immunoglobulines sériques.

Les anticorps spécifiques responsables appartiennent à la classe  des IgG et des IgM, avec apparition de diverses :

  • antiglobulines
  • hémagglutinines

La vaccination contre le paludisme

Une partie seulement de ces anticorps joue un rôle protecteur, mais il existe une immunité croisée entre les différentes variétés d’une espèce, ce qui est un facteur encourageant en ce qui concerne la vaccination.

Les enfants nés de mères vivant dans des régions où le paludisme sévit à l’état endémique sont généralement protégés pendant les trois premiers mois de la vie. Ce n’est qu’à partir de cet âge que l’enfant devient réceptif à la maladie, occasionnant un taux de létalité très important.

Les enfants non-traités acquièrent progressivement dans les dix premières années une immunité qui se manifeste :

  • d’abord par une production croissante de gamétocytes
  • secondairement par une aptitude de plus en plus grande à tolérer des parasitémies de niveau assez élevé sans manifestations cliniques importantes

Les propriétés immunosuppressives du plasmodium semblent retarder le développement de l’immunité protectrice, ce qui explique que celle-ci mette longtemps à se constituer dans les conditions naturelles.

L’immunité protectrice s’exerce principalement vis-à-vis des formes extra-cellulaires du parasite. Les réponses sont dirigées contre les antigènes spécifiques d’espèces et de stades situés à la surface des formes extra-cellulaires.

La preuve d’une immunité naturellement acquise contre le paludisme après infection a incité de nombreux chercheurs à la mise au point d’un vaccin et à son application aux rongeurs comme modèle animal.

En fonction du développement cyclique des parasites du paludisme, plusieurs possibilités s’offrent pour la préparation d’un vaccin :

  • des vaccins dirigés contre les sporozoïtes : ces vaccins préviendraient l’infection de l’hôte vertébré et produiraient un état réfractaire stérile contre les infections des plasmodiums
  • des vaccins dirigés contre les mérozoïtes qui empêcheraient ces derniers d’infecter les érythrocytes et s’opposeraient ainsi à la production des formes parasitaires, responsables des manifestations cliniques de la maladie, et réduiraient le réservoir de gamètocytes
  • des vaccins dirigés contre les gamètes : ces vaccins ne seraient pas protecteurs pour l’hôte vertébré ; ils inactiveraient les gamètes mâles et rendraient la fécondation impossible, freinant ainsi la transmission de la maladie en empêchant l’infection des moustiques et la production de sporozoïtes

Des études effectuées chez les rongeurs ont montré la possibilité de susciter une immunité protectrice contre le plasmodium, mais de nombreux facteurs entravent la mise au point d’un vaccin à usage humaine.

Des progrès considérables ont été enregistrés ces dernières années en ce qui concerne la production du parasite, grâce à la mise au point de la culture continue in vitro des stades érythrocytaires de Falciparum par Traeger et Jensen.

L’application de la technique de fusion cellulaire « hybridomes » , mise au point par Kohler et Milstein, a permis de produire des anticorps monoclonaux purs dont certains se sont révélés protecteurs. Ces anticorps monoclonaux devraient être utiles pour l’isolement d’antigènes spécifiques purs.

Enfin,des techniques récemment mises au point de clonage génétique d’ADN recombinant permettront dans l’avenir d’acquérir de réels progrès pour la mise au point et la production de vaccin antipaludéen à grande échelle.

Autres vaccins

Vaccins

Vaccins

D’autres vaccins ont été préparés contre d’autres maladies parasitaires.

Il est actuellement établi que les malades guéris d’un kala-azar ne se réinfectent jamais et l’immunité persiste plus de 10 ans sinon toute la vie.

Manson-Bahr et coll. ont pu obtenir artificiellement une telle immunité à partir d’une culture de L. Donovani isolée chez un rongeur sauvage, mais à l’heure actuelle aucun vaccin n’est encore mis au point.

En revanche, des essais d’immunisation avec des souches de L. Tropica en cultures vivantes responsables du « bouton d’orient » sont suivis des mêmes succès qu’avec la maladie naturelle transmise par piqûre de phlébotomes.

 

 

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