Vaccinations, gammaglobulines et syndrome de carence immunitaire

Les gammaglobulines sont très utilisées en thérapeutique préventive ou curative.

Elles pourraient, dans certains cas, inhiber l’installation d’une immunité active si l’on injectait un vaccin dans les jours qui suivent leur administration.

L’apparition de l’immunité après vaccination par vaccins à virus vivants atténués (rougeole, rubéole, oreillons, R.O.R.) est surtout conditionnée par une réplication considérable des virus vaccinaux dans l’organisme.

Aussi la multiplication virale serait arrêtée par l’administration de gammaglobulines.

Pour vacciner correctement, il convient d’attendre au moins 6 semaines, de préférence mois, après gammaprophylaxie.

Des études préliminaires ont montré l’absence d’interférence entre l’administration d’immunoglobulines et les vaccins poliomyélitique oral et amaril.

Dans quel cas faut-il faire une revaccination ?

  • Si l’intervalle entre l’administration d’un vaccin vivant et l’injection d’immunoglobulines est inférieur à 14 jours, il faut revacciner au bout de 3 mois
  • Si l’intervalle est supérieur à 14 jours, il n’est pas nécessaire de revacciner

En cas de contact avec un malade, le vaccin vivant peut être injecté en même temps que les immunoglobulines ; il faut savoir que l’immunité vaccinale peut être compromise, une revaccination doit être faite 3 mois plus tard, sauf si un contrôle sérologique post-vaccinal révèle une séro-conversion.

A l’inverse, les gammaglobulines ne semblent pas freiner la réponse vaccinale après immunisation par vaccins préparés à partir de micro-organismes tués (D.T. Coq Polio, Tétanos, Rage, Hépatite, etc).

Toutefois, certains auteurs pensent que l’immunisation est de moins bonne qualité.

Il est à noter que l’administration de gammaglobulines n’entraîne pas de modification du taux des anticorps décelables dans le sérum et n’influence pas les tests sérologiques qui restent valables pour faire la preuve d’une infection récurrente.

Peut-on vacciner un enfant atteint de déficit immunitaire ?

L’opinion la plus couramment répandue est que l’enfant ne pourra pas répondre à la vaccination et risque de développer des réactions vaccinales importantes ou anormales, entraînant souvent une attitude d’abstention qui n’est pas toujours justifiée.

La meilleure connaissance, ces dernières années, des processus immunologiques a permis de classer les déficits immunitaires en différentes catégories :

  • les déficits congénitaux
  • les déficits secondaires acquis

Les déficits congénitaux

  • déficits isolés des cellules T (syndrome de DI-GEORGES)
  • déficits isolés des lymphocytes B (agammaglobulinémie ou maladie de BRUTON)
  • déficits immunitaires combinés sévères
  • déficits isolés en IgA
  • déficits génétiques du complément

Les déficits secondaires acquis

Ces déficits sont souvent dissociés, touchant plus volontiers l’immunité cellulaire que l’immunité humorale.

Il existe souvent une incapacité à produire des anticorps après une stimulation antigénique.

Il est à signaler cependant que des enfants atteints d’un déficit immunitaire ont pu bénéficier d’une vaccination par vaccin vivant atténué.

C’est le cas du vaccin varicelle qui peut être administré une semaine après l’arrêt de la chimiothérapie chez des enfants atteints de tumeur solide ou de leucémie et du vaccin rougeoleux chez des enfants leucémiques, à condition d’arrêter la chimiothérapie 3 mois avant la vaccination et de 3 à 12 mois après.

Convient-il de proscrire les vaccins vivants ?

On connaît des cas de déficits immunitaires de type cellulaire qui ont été révélés par l’évolution gravissime d’un vaccin vivant (Bécégite généralisée mortelle, vaccine gangréneuse, paralysie après absorption d’un vaccin polio Sabin).

En revanche, l’utilisation des vaccins inactivés ou tués est recommandée car il persiste une certaine capacité de synthèse des anticorps ; il y a dans ce cas, avantage à vacciner plus fréquemment , afin de permettre l’intervention des lymphocytes sensibilisés, nécessaires à la protection.

Du fait de la fréquence et de la gravité anormale des infections bactériennes chez les enfants atteints de déficits du complément, les vaccinations pneumococciques et méningococciques sont particulièrement recommandées.

Enfin, dans les déficits secondaires, seuls les vaccins inactivés sont recommandés.

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