Vaccins viraux sans risque chez la femme enceinte

La vaccination de la femme enceinte s’impose le plus souvent lors des épidémies qui sévissent dans le monde ou lors d’un voyage dans une zone contaminée ou suspecte. Cependant, on ne peut pas procéder chez la femme enceinte à n’importe quelle vaccination, car certains vaccins peuvent engendrer de réels dangers pour l’embryon et le fœtus. En dehors de ces contextes, il est inutile d’insister sur l’effet bénéfique de certains vaccins, aussi bien que pour la mère que pour son enfant.

Vaccins à virus vivants atténués

Il existe des vaccins viraux vivants atténués qui peuvent être utilisés sans risque chez la femme enceinte :

  • la vaccination antivariolique
  • la vaccination antipoliomyélitique
  • la vaccination contre la rubéole
  • la vaccination contre la varicelle
  • la vaccination antiamarile
  • la vaccination contre la rougeole
  • et la vaccination anti-ourlienne

Vaccination antivariolique

Abandonnée dans la quasi-totalité des pays, elle a été rendue responsable de vaccine généralisée chez le nouveau-né. La primo-vaccination antivariolique provoque une virémie temporaire et représente une menace pour l’embryon.

Vaccination contre la rubéole

La rubéole, maladie bénigne de l’enfant et de l’adulte, est redoutée chez la femme enceinte au cours des premiers mois de la grossesse. La grossesse est une contre-indication formelle à la vaccination, bien qu’aucune étude entreprise jusqu’alors n’ait permis d’affirmer que le vaccin de la rubéole pouvait avoir un effet tératogène sur l’embryon.

Vaccination contre la varicelle

La varicelle, chez la femme enceinte, reste rare ; sa fréquence est estimée à 0,7 pour 1 000 grossesses, mais seulement dans 17 % des cas, on note une infection in utero, d’où l’extrême rareté des malformations congénitales dues à la varicelle pendant la grossesse. Afin de prévenir les rares malformations dues à la varicelle, ce vaccin peut être indiqué chez les femmes séro-négatives en âge de procréer, mais il reste formellement contre-indiqué chez la femme enceinte.

 

Vaccination antiamarile

La vaccination antiamarile s’impose lors d’un voyage dans les régions d’endémie ou infectées de fièvre jaune en Afrique et en Amérique intertropicale. Elle est également exigée chez les voyageurs en provenance de ces mêmes régions.

Vaccination contre la rougeole

Le vaccin étant un vaccin vivant atténué, il est contre-indiqué pendant la grossesse, mais en cas de vaccination par inadvertance d’une femme enceinte, il n’y a pas lieu de préconiser un avortement thérapeutique.

Vaccination anti-ourlienne

La vaccination ourlienne n’est jamais envisagée chez la femme enceinte.

Vaccins à virus tués ou inactivés

Vaccination antipoliomyélitique par le vaccin inactivé (Salk ou Lépine)

La vaccination antipoliomyélitique par le vaccin inactivé est efficace et bien toléré. La possibilité d’une atteinte du fœtus lorsque la mère est vaccinée pendant le premier trimestre de la grossesse est inexistante. Aucune étude dans la littérature médicale ne fait mention d’une augmentation du taux des malformations fœtales ou d’avortement après vaccination pendant la grossesse.

Vaccination antigrippale

La vaccin antigrippal est un vaccin inactivé obtenu par cultures de diverses souches de Myxovirus influenzæ dans les liquides extra-embryonnaires d’œufs de 10 à 12 jours. L’efficacité du vaccin tient à sa parenté antigénique avec les souches en circulation.

Vaccination antirabique

Le vaccin antirabique de l’Institut Mérieux est cultivé sur cellules diploïdes humaines totalement inactivé par la bétapropiolactone. A cause du taux de mortalité de 100 % après rage et malgré les réactions que nous pouvons observer, un traitement antirabique post-exposition s’impose d’office chez la femme enceinte mordue par un animal enragé ou suspect de rage.

Vaccination contre l’hépatite virale B

Il s’agit d’un vaccin inactivé préparé par l’Institut Pasteur en collaboration avec MAUPAS, à partir de plasma de porteurs sains de l’Ag HBs. L’antigène vaccinant correspond à l’enveloppe virale porteuse de l’Ag HBs, dénué de tout pouvoir infectieux mais déterminant la formation d’anticorps. La grossesse ne constitue pas une contre-indication à la vaccination contre l’hépatite B qui se fait en 3 injections à 1 mois d’intervalle avec un rappel 1 an plus tard.

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